CHAPITRE CINQUIÈME
dans le Hampshire, portèrent Jours dévastai ions jusqu'au canal do Bristol, et, revenant sur leurs pas, passèrent dans l'île de Wight. Dans cette expédition ils avaient livré et gagné deux batailles, et avaient réduit en cendres Waltham, Taunton, Pen, Clifton et plusieurs villes plus petites. Le roi ne put trouver de meilleur expédient que celui d'une rançon , et les barbares se retirèrent pour une somme de vingt-quatre mille livres1.
[A. D. 4002.] Ethelred, dans sa dix-septième année, avait épousé Elflèdc , fille de l'ealdorman Thored ; elle lui donna six fils et quatre filles. Après sa mort il obtint la main d'Emma, princesse normande, qui en se mariant prit le nom d'Elgive. Le roi et Richard, père d'Emma, avaient été ennemis antérieurement. L'origine de leur querelle est inconnue; mais Ethelred avait préparé une flotte pour envahir la Normandie , et Richard avait arrêté les trafiquants et pèlerins anglais dans ses États, en avait jeté un grand nombre en prison et condamné plusieurs à mort. Le pape Jean XV entreprit de réconcilier les deux princes, et son légat Léon , vice-évèque de Trêves, visita d'abord Ethelred et ensuite Richard. A sa requête, ils envoyèrent des commissaires à Rouen, lesquels arrêtèrent que toutes les anciennes causes de dissension seraient oubliées ; qu'une paix perpétuelle subsisterait entre le roi d'Angleterre et le marquis de Normandie, leurs enfants nés et à naître, et tous leurs fidèles vassaux ; que toute infraction à la paix serait réparée par une compensation satisfaisante , et qu'aucun des deux princes ne donnerait asile aux sujets ni aux ennemis de l'autre sans une permission écrite. Ce traité, le plus ancien qui existe entre un de nos rois et une puissance étrangère , est fait au nom du pape , et confirmé par les serments et marques d'un évèque et de deux thanes du côté d'Ethelred , et d'un évèque et de deux barons du côté de Richard*. L'union du roi avec une princesse normande était faite pour accroître cette amitié entre les deux nations, et s'assurer un puissant appui contre les Danois. Mais la conduite d'Ethelred détruisit ces espérances. A force^de négligence et d'infidélités, il s'aliéna l'affection de la jeune reine, et provoqua le ressentiment de son beau-frère Richard II, qui avait succédé au duché de Normandie.
Emma était arrivée en Angleterre au printemps; mais les réjouissances à l'occasion du mariage étaient à peine terminées qu'Ethelred projeta et mit à exécution une mesure qui couvrira son