Chron. sax. 131, 132. Flor
2 Malin. 35, 36. West. 195. Le traité fut signé à Rouen le l«r mars 991. Richard étail appelé indifféremment marquis, comte ou duc.
nom d'une étemelle infamie. Il ordonna un massacre général des Danois , le même jour , dans chaque comté. A la fête de Saint Brice, le \ 3 novembre, ces malheureux sans méfiance furent saisis par la populace avec leurs femmes et leurs familles , et l'horreur du meurtre fut en maint endroit aggravée par tous les outrages et toute la barbarie que peut suggérer la haine nationale. A Londres, ils se réfugièrent dans les églises, et furent massacrés en foule au pied des autels. La plus illustre de ces victimes fut la sœur de Sweyn, Gunhilde, qui avait embrassé le christianisme et épousé Palig, homme du Nord naturalisé. Par les ordres de l'infâme Edric, favori du roi , ses enfants et son mari furent égorgés sous ses yeux. On prétend qu'à l'agonie elle prédit la rigoureuse vengeance que son frère exercerait un jour contre celui qui avait ordonné le meurtre et contre ceux qui l'avaient exécuté1.
Le motif de cette sanglante tragédie et son degré d'extension nous sont inconnus. Elle ne pouvait comprendre tous les individus originaires du Nord, ou bien elle eût enlevé un tiers de la population. Mais outre les descendants des Danois qui s'étaient établis en Angleterre environ un siècle auparavant, il y avait beaucoup d'hommes du Nord incorporés aux indigènes sous les règnes précédents : car c'était une coutume favorite de nos rois de montrer leur générosité en donnant aux étrangers des terres pour prix de leurs services, et depuis peu ils avaient eu pour politique de prendre à leur solde les aventuriers du Nord. Ceci est compté parmi les principales erreurs d'Edgar , et on a la preuve qu'Ethelred avait suivi le dangereux exemple de son père. Selon toute probabilité, l'ordre royal ne s'adressait qu'à cette classe de Danois. C'était à leurs trahisons multipliées que les indigènes avaient coutume d'attribuer les succès des envahisseurs ; et cette accusation avait été confirmée dans la dernière campagne par la conduite de Palig, qui, bien qu'il eût juré fidélité à Ethelred, et reçu de lui un domaine de prince, avait, au mépris de son serment, combattu sous la bannière de ses anciens compatriotes. De là vint peut-être que le roi, instruit par l'expérience, ne se fia plus à leur loyauté, et que, ne se pouvant délivrer d'eux par d'autres moyens , il eut recours à la révoltante ressource de l'assassinat.
Sweyn, quoi qu'il en soit, ne fut pas lent à venger leur sort. Par suite de la négligence ou de la perfidie d'Hugo , gouverneur normand nommé par Emma, il s'empara d'Exeter, et de là répandit ses barbares au cœur du Wiltshire. [A. D. 4003.] Une armée nombreuse avait été rassemblée pour s'opposer à lui, sous les or-