Ibid
5. Sernt. Lupi, apud Hicks, Dinn. «pis. 99, 106. Lançbeck , n, 464, 469.
mêmes ravages et extorquer des contributions semblables dans un autre comté *.
C'est à cette époque qu'il faut aussi rapporter l'origine de la taxe directe et annuelle. Les sommes qu'Ethelred payait si fréquemment aux hommes du Nord étaient levées par un impôt sur la propriété foncière , lequel impôt ne cessa point avec la circonstance , mais fut conservé pendant des siècles , sous prétexte de pourvoir à la défense du royaume s. La répartition en fut d'abord faite avec une apparence d'équité; mais elle donna bientôt lieu à beaucoup d'extorsions, et conséquemment à beaucoup de misère. Partout où Ton savait qu'il existait de l'argent, il était exigé par les officiers du roi, et un premier payement était considéré comme une preuve suffisante de la possibilité d'en faire un second. Par ces exactions répétées jointes aux déprédations de l'ennemi, les propriétaires les plus opulents étaient souvent réduits à un état de pénurie. Le lecteur pourra s'en faire une idée sur un seul exemple. En 1005, Godric fut nommé abbé de Croyland ; et dans cette année et dans les sept autres qui suivirent, les taxes levées sur le monastère par le roi , l'ealdorman et les officiers inférieurs montèrent , Tune dans l'autre , à la somme annuelle de quatre cents marcs. En 4013, Sweyn pilla tous les manoirs qui appartenaient à l'abbaye; et des nuées d'indigènes, fuyant le fer des barbares , cherchèrent un asile à Croyland. Le bon vieillard les reçut à bras ouverts , les consola dans leur infortune, et leur promit de les soutenir aussi long-temps que ses moyens le permettraient. II réserva le chœur et les cloîtres pour ses moines et ceux du voisinage , la nef de l'église fut assignée au clergé comme résidence ; les laïques furent logés dans les autres chambres de l'abbaye , et les femmes et les enfants dans des constructions temporaires élevées dans le cimetière. La charité de Godric éveilla la rapacité de Sweyn. Sous peine de voir démolir le monastère , il ordonna à l'abbé de payer mille marcs à Lincoln à jour fixe ; et, non content de cette somme, il en extorqua mille autres dans les trois mois suivants. A peine l'abbé eut-il satisfait à ces demandes, que les officiers d'Ethelred parurent. Ils accusèrent Godric d'être l'allié de Sweyn ; le payement de la somme qu'on lui avait extorquée par la violence fut interprété comme un acte de trahison, et il fut forcé d'offrir au roi deux mille marcs pour recouvrer sa faveur. Las de ces procédés