Chron. sax
2. Nous devons ce renseignement à Ditmar, évèque de Mersburgh , qui le reçut la même année d'une de ses connaissances. Il nous dit que les vaisseaux de Canute portaient , l'un dans l'autre , quatre-vingts hommes. Bouquet, x, 134.
ques et plusieurs thanes de distinction. 11 fut aisé à Canute découper la communication par terre ; mais empêcher l'entrée et la sortie par eau était une entreprise d'une plus grande difficulté. Comme les fortifications du pont gênaient la navigation de la rivière, à force de travail on creusa un canal sur la rive droite , par lequel on amena un nombre considérable de navires ; et les hommes du Nord devinrent maîtres de la Tamise au-dessus et au-dessous de la ville. Cependant la valeur des habitants repoussa tous les assauts, et réduisit le Danois à essayer l'influence des promesses et des menaces. Il demanda qu'on lui remit Edmond et son frère ; qu'on lui payât quinze mille livres pour la rançon de la reine , douze mille pour celle des évêques , et qu'on lui donnât trois cents otages comme gaçe de la fidélité des citoyens. Si ces termes étaient acceptés, il prendrait la ville sous sa protection ; s'ils étaient refusés, elle serait abandonnée au pillage et aux flammes ».
Sentant que ce n'était qu'avec une armée qu'on pouvait sauver sa capitale , Edmond entreprit de s'échapper à la faveur de la nuit. Les deux princes passèrent sur un bateau à travers la flotte danoise *, et les habitants du Wessex accoururent en foule sous leur étendard. Us surprirent un parti de pillards dans la forêt de Gillingham; mais bientôt ils eurent à lutter contre Canute lui-même, qui , laissant un détachement en observation devant la ville, s'était avancé avec le reste de ses troupes pour écraser les forces croissantes de son compétiteur. La bataille de Scearstan est célèbre dans nos annales. Edmond mit en avant ses guerriers les plus éprouvés ; le reste forma une réserve. Les Danois étaient secondés par Edric et jElmcr à la tête des hommes de Wilts et de Somerset. La valeur des combattants fut si opiniâtre , que la nuit seule mit fin au combat. Il se renouvela le lendemain matin , où Edmond , découvrant son adversaire , d'un coup de sa hache d'armes fendit le bouclier, et blessa à l'épaule le cheval du Danois. Une foule d'hommes du Nord s'élancèrent en avant pour défendre leur monarque ; et Edmond se retirait lentement devant le nombre , lorsqu'Edric coupant la tète d'Osmear, qui avait été tué , et la tenant à la main, s'écria : « La tète d'Edmond 1 » A cette vue, quelques-uns des Anglais s'enfuirent. Le prince indigné lança son javelot contre
L Ditmar, ibid. Chron. sax. 148.
2. Ditmar, ibid. Il est singulier que l'ami de Ditmar appelle le frère d'Edmond Athelstan , et dise qu'il périt dans l'engagement suivant. Quoique ce prince soit inconnu à nos historiens nationaux , cependant dans son testament, publié par Lye [Die. App. n05i, il appelle à plusieurs reprises Ethelred son père , Elfrid sa grand'mère, et Edmond et Edwy ses (frères. On a supposé que l'auteur du testament avait été tué par les Danois en 1010 ; mais l'Athelstan qui périt on cette occasion n'était pas le ûls du roi ; c'était son « athum » ou mari de sa tille.