‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 196 sur 643 · Hist Ram · texte numérisé non relu

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3. Chron. saz. 151. Flor. 649. Sim. Dan. 177. Tous ces auteurs diffèrent sur la somme payée par les citoyens de Londres , la portant à 10,500, 11,000 ou 15,000 livres. Nous voyons dans les lois d'Edouard-le-Confesscur, qu'afin de pourvoir à la sûreté des Danois qui restaient, on convint qu'ils jouiraient de la paix du roi ; que, si un Danois était assassiné , l'assassin présumé, à moins qu'il ne pût se justifier par une épreuve judiciaire, serait livré a la justice; que , si on ne parvenait pas a le trouver immédiatement, les habitants du village ou centaine où le meurtre aurait été commis auraient un mois et un jour pour le chercher; que, s'ils ne le découvraient pas , ils payeraient une amende de 16 marcs ; que , s'ils le livraient au roi dans l'espace d'un an et d'un jour, l'argent serait rendu ; sinon , 40 marcs de l'amende seraient gardés par le roi , et les six autres donnés au* parents ou au seigneur du mort. Lftg. $ax. 199, 200.

séquemment les effusions de sang qui se reproduisaient si fréquemment parmi ces turbulents guerriers. Malheureusement le roi lui-même fut le premier à transgresser ses propres lois, par le meurtre d'un soldat dans un accès de colère. Il assembla les thingmans , descendit de son trône, reconnut son crime et en demanda le châtiment. Ils gardaient le silence. Il promit l'impunité à tout individu qui donnerait son avis. Ils laissèrent sa décision à sa propre sagesse. Alors il se condamna à payer trois cent soixante talents d'or, neuf fois le montant de l'amende ordinaire, et ajouta neuf autres talents, par forme de compensation ultérieure «.

Quoique Canute eut été baptisé dans son enfance, il connaissait peu les doctrines du christianisme. Mais lorsqu'il fut assis sur le trône de l'Angleterre, la férocité de sa nature fut adoucie par les préceptes de la religion, et le sanguinaire roi de la mer se transforma insensiblement en un juste et bienfaisant monarque. Il déplora souvent les effusions de sang et les misères que sa propre rapacité et celle de son père avaient attirées sur les indigènes , et reconnut qu'il était de son devoir de les dédommager de leurs souffrances par un règne paisible et équitable *. II les traita toujours avec une attention marquée , les protégea contre l'insolence de ses favoris danois , plaça les deux nations sur un pied d'égalité, et les admit également aux emplois lucratifs et de confiance. Il érigea une magnifique église à Assington, théâtre de sa dernière victoire, et releva les ruines des édifices religieux qui avaient souffert de l'invasion. Grâce à ses donations, l'abbaye de Saint-Edmond, ce monument de la cruauté de ses pères, devint pour des siècles le plus riche des établissements monastiques du royaume. Dans un witena-gemot tenu à Oxford, il confirma les lois d'Edgar et engagea les thanes anglais et danois à se pardonner les uns aux autres tous leurs anciens griefs, et à se promettre pour l'avenir une amitié mutuelle 3. Dans un autre, à Winchester, on composa un code de lois tiré des ordonnances des anciens rois, avec les additions qu'exigeait l'état présent de la société. On peut en citer certaines particularités intéressantes. I. Le roi exhortait tous ceux à qui l'administration de la justice était confiée à veiller au châtiment des crimes , mais à être avares de la vie des hommes; à traiter le coupable repentant avec moins de sévérité que le coupable endurci , et à considérer les faibles et les indigents

1. Langbeck, 111, 144 et suiv. Saxo, 199. Les thingmanna étaient appelés aussi thingliths et huscarles, c'est-à-dire hommes thanes, thanes de la mer et domestiques.

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