Chron. snx. 163, 10-1. Chron. Lamb. ad ann
2. L'auteur de la Vie d" Edouard , cité par Stow, p. 9ï>. Son autorité est d'autant meilleure qu'il dé lia son ouvrage à Edith elle-nit me. Ibid.
3. Ingulf, 65. Flor. 627. lleiumiugford, 4Ô6. Chron Lamb. ad ann. 1()02.
Los commandants de ln flotte royale furent cassas pour prix do leur négligence; et, pendant que le conseil discutait la nomination de leurs successeurs, les marins (tant les armements de cette époque avaient peu de consistance) s'en retournèrent chacun chez eux. Cette dispersion de la flotte encouragea Godwin à renouveler sa tentative ; dans la Manche il rencontra Harold qui venait d'Irlande : ayant réuni leurs escadres, ils pillèrent la côte, enlevèrent les vaisseaux des différents ports, remontèrent la Tamise, et passèrent sous l'arche méridionale du pont de Londres. La flotte royale, forte de cinquante voiles, était rangée de l'autre côté de la rivière , et une puissante armée garnissait la rive gauche. Godwin envoya sa soumission à Édouard, qui la refusa sévèrement. Mais la répugnance du roi fut vaincue peu à peu par la politique de Stigand, qui lui fit entendre que ses troupes ne se souciaient pas de répandre le sang de leurs compatriotes, et que c'était folie de sacrifier l'affection de ses sujets aux intérêts de quelques Normands. A la fin il arracha au roi la mission de négocier avec Godwin, et dès cet instant les étrangers désespérèrent et s'enfuirent. Robert, archevêque de Canterbury, et Ulf, évêque de Dorchester, montant à cheval , s'ouvrirent Tépée à la main un passage à travers leurs ennemis, coururent à Ness dans l'Essex, et, s'emparant d'une petite barque en mauvais état, se confièrent à la merci des vagues. Les autres se dispersèrent dans différentes directions, et, grâce à la connivence des amis d'Édouard , purent sauver leur tête, mais furent forcés de quitter le royaume. Leur fuite levait le principal obstacle à un accommodement. Godwin reçut la permission de rendre visite au roi. Il rejeta sur les Normands le blâme des dernières discussions , attesta de la manière la plus solennelle son innocence et celle de ses enfants, et livra, comme gage de sa loyauté, son fils Wulfnoth et son neveu Hacon. Édouard lui fit un bon accueil; mais, pour plus de sûreté, il envoya les otages en garde à Guillaume de Normandie. Les favoris étrangers furent mis hors la loi par arrêt du grand conseil; Godwin et Harold recouvrèrent leurs comtés, et Edith, rappelée de sa prison, remonta sur le trône *. Mais à l'égard de Sweyn, Édouard fut inexorable. Il était coupable du meurtre le plus inhumain et le plus perfide; et, se voyant abandonné de sa famille, il se soumit à la discipline des canons ecclé- . siastiques. Il, alla pieds nus, en pèlerinage, de Flandre en Palestine ; visita les saints lieux avec des larmes de componction , et finit sa pénitence et sa vie dans la province de Lycie *.