CHAPITRE SIXIÈME. 9.9A
monts. A sa première publication, 1 incident préparatoire ot la remarque d'Édouard paraissent avoir été oubliés *. Le fait est que Godvvin , le lundi de Pâques , tomba sans connaissance à la table royale, qu'il fut emporté par ses trois fils dans la chambre du roi ; et qu'après une longue et cruelle agonie, il mourut le jeudi suivant ». Son comté fut donné à Harold; celui de Harold, à Alfgar, fils de Léofric.
La plupart de nos historiens ont tracé en caractères de sang le portrait de ce puissant comte. Ils le représentent comme un monstre d'inhumanité , de duplicité et d'ambition. Maison perd de sa confiance en eux quand on songe qu'ils écrivaient après la conquête , alors que l'on usait de toute espèce d'artifices pour persuader aux Anglais que l'homme que le Normand avait précipité du trône était, par ses propres crimes et par ceux de son père, indigne d'y rester. On peut opposer à leurs diffamations le panégyrique du biographe d'Édouard, qui dédia son ouvrage à Edith. S'il faut l'en croire, le comte était le père du peuple, le soutien de la nation. Envers les hommes paisibles et vertueux, il était bon, généreux et facile à fléchir ; mais les turbulents et les séditieux tremblaient devant son regard de lion, et redoutaient la sévérité de sa justice. Les Anglais pleurèrent sa mort comme une calamité nationale, et mirent leur unique consolation dans son fils Harold , l'héritier de ses vertus non moins que de ses dignités s. Probablement la vérité se trouve entre les éloges exagérés d'un parti et les aveugles invectives de l'autre.
Quoique les derniers troubles eussent interrompu la tranquillité générale, ils s'étaient terminés sans effusion de sang, et n'avaient fait au peuple aucun tort considérable. Les principales calamités du règne d'Edouard furent la peste et la famine; fléaux qui, à cette époque, visitaient toutes tes parties de l'Europe. Aussi long-temps que l'agriculture fut dans l'enfance, chaque saison défavorable était suivie d'une année de disette ; et tant que les rapports entre les nations furent rares et peu sûrs, l'abondance d'un peuple ne pouvait venir en aide aux besoins d'un autre. Les chroniqueurs du temps se plaignent fréquemment de l'inclémence des saisons , de tremblements de terre qui , une fois , causèrent une vive alarme à Derby et à Worcester, de la détresse occasionnée par le manque de récoltes, et des maladies contagieuses qui atteignaient