‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 220 sur 643 · Chron, «or. lf · texte numérisé non relu

Chron, «or. lf

triomphe; et à sa mort il laissa deux fils. Morcar etEdwin, dont lo destin immérité réclamera la sympathie du lecteur1.

La mort d'Alf^ar exposa Griffith au juste ressentiment de Harold. Le prince gallois et ses sujets méritaient depuis long-temps le nom et le châtiment dus aux voleurs et aux assassins. Des montagnes qui leur servaient de refuge, ils avaient fait tous les ans des incursions contre les habitants des frontières, s'étaient livrés à tous les excès du pillage, du meurtre et de l'incendie, et avaient évité les poursuites de la vengeance par la célérité de leur retraite. Lorsque Rhese, frère de Griffith, tomba aux mains des Anglais, même le doux Édouard , « qu'aucune injure ne pouvait irriter *, » ordonna de le mettre à mort, et le roi chargea Harold d'infliger un châtiment sévère à ces obstinés brigands. Harold , au fait des difficultés qui provenaient de la nature des lieux et de la vélocité de l'ennemi, choisit un corps nombreux d'hommes jeunes, vigoureux et actifs, remplaça leurs armes habituelles par d'autres plus légères et plus petites, et leur donna pour défense des casques et des targes de cuir durci. Au cœur de l'hiver, il essaya , par une irruption soudaine, de surprendre Griffith; mais le Gallois s'échappa, quoique ses vaisseaux et son habitation fussent la proie des flammes [i 053] . Au commencement de l'été, Tostig entra par le nord dans le pays de Galles avec un corps de cavalerie : Harold transporta ses troupes par mer, et les débarqua sur la côte. L'infatigable comte, qui marchait à pied et vivait comme le dernier de ses soldats, traversa le pays dans toutes les directions. Ni montagnes ni marais ne purent soustraire les habitants à la poursuite de leur ennemi. Partout où les Gallois firent résistance il fut victorieux ; et à chaque victoire, pour en perpétuer le souvenir, il érigea une pyramide en pierre avec cette inscription : ICI HAROLD VAINQUIT. Accablés et frappés de terreur, ils demandèrent grâce ; et , comme offrande de paix, ils envoyèrent la tête de Griffith au vainqueur [5 août]. Harold revint en triomphe près d'Édouard; la tête du Gallois ainsi que la proue et les ornements de son vaisseau furent présentés au monarque anglais; et ses deux frères utérins, Blethyn et Rywallon, lui jurèrent fidélité, et s'engagèrent à payer l'ancien tribut. On rendit une loi qui condamnait tout Gallois trouvé en armes à l est des digues d'Ofla, à perdre la main droite ; et les montagnards, instruits par une funeste expérience , respectèrent pendant les quatre règnes suivants le territoire de leurs voisins 5.

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