CHAPITRE SIXIÈME
sous le despotisme des rois normands, trouva l'occasion d'exprimer ses vœux réels, il demanda constamment les « lois et coutumes du bon roi Edouard. »
H fut le premier de nos princes qui toucha les écrouelles, ou mal du roi. Le surnom de « Confesseur » lui vint de sa bulle de canonisation, publiée par Alexandre III environ un siècle après son décès.
IIAROLD.
A la mort d'Edouard, l etheling Ed^ar se trouva le dernier descendant mâle de la race de Cerdic ; mais s'il fut jamais question de ses droits, ils furent aussitôt abandonnés K Le bruit avait couru qu'Edouard, à son lit de mort, avait nommé Harold son successeur *. [6 janv.] 11 fut proclamé roi dans une assemblée de thanes et de citoyens de Londres, et le jour suivant vit à la fois les funérailles de l'ancien souverain et le couronnement du nouveau. A cause de la suspension de Stigand, la cérémonie fut accomplie par Aldred , archevêque d'York s. Edgar, au lieu de la couronne, eut le comté d'Oxford.
Les comtés du sud donnèrent avec joie leur adhésion à F avènement d'iiarold : l'hésitation des Northumbres le jeta dans l'inquiétude et la perplexité. Leur orgueil se révoltait à l'idée d'être liés par la détermination de ceux qu'ils jugeaient inférieurs à eux comme mérite militaire; et ils cherchaient un chef qui sollicitât leur assistance et acceptât la couronne de leurs mains. Harold se hAta d'aller dans le nord : au lieu d'une armée , il amenait avec lui Wultan, le vénérable évêque de Worcestcr, dont l'influence , jointe à sa conduite conciliante , lui gagna bientôt le cœur des Northumbres et lui assura leur obéissance. Son mariage avec Edith, fille d'Algar, attacha à ses intérêts les deux frères de cette princesse, les puissants comtes Morcar et Edwin 4.
1. u Quia puer tanto honori minus idoneus videbatur. » Ailr. Riev. 3G6.
2. Je suis bien tenté de croire re bruit, non-seulement sur le témoignage des écrivains anglais \ C'hrôn. sar. 172. Hovcd. 419. Eadmcr, 5. Sim. Dun. 193. Al. Bcv. 12G. Flor. 6i3. Hisl. Etien. 515) , mais parce que la vérité en est reconnue par les ennemis de Harold. « Edvardi dono in ipsius fine. » Guil. Pict. 135. u.digrotus princeps concessit. » Ordcr. Vit. 492.
3. Ing. 68. Flor 633. Hist. Elicii. 515. Sur un fait qui se passa publiquement en Angleterre, les écrivains du pays ont plus de droit à être crus que les étrangers. Les Normands disent que Harold fut couronné par Stigand («non sancta consecratione Stigandi. » (îuil. Pict. 1051; et cette assertion est confirmée parles figures de la tapisserie de Bayeux • Lancclot , 421 ). Mais ils nous donnent simplement les bruits qui prévalaient en Normandie ; et Guillaume, jaloux d'intéresser en sa faveur la religion de ses sujets, ne demandait pas mieux que de propager l'idée que son rival avait été couronné par un prélat suspendu de ses fonctions.