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La nouvelle de la mort d'Edouard et celle du couronnement immédiat de Harold avaient été apportées en Normandie par le même messager. Guillaume assembla son conseil , l'informa de cet événement, et annonça la résolution de soutenir à main armée ses prétendons à la couronne d'Angleterre. On expédia un envoyé à Harold pour lui rappeler son ancien serment de fidélité et sa promesse d'assistance. Le roi répondit que le serment lui avait été arraché par la force; que la promesse de donner une couronne qui ne lui appartenait pas ne pouvait être obligatoire; qu'il avait été élu roi par le libre suffrage du peuple , et que , lorsqu'on en viendrait à l'épreuve, il se montrerait digne de ce choix. Le message et la réponse étaient tels que Harold et Guillaume s'y attendaient. Chacun d'eux éUiit déjà déterminé à en appeler à son épée, et les Anglais ne furent pas moins étonnés que les Normands des immenses préparatifs faits pour décider cette importante querelle *.
Il fut malheureux pour Harold d'avoir à lutter non-seulement contre Guillaume, mais en même temps contre son frère Tostig, le comte de Northumberland qui avait été exilé , et dans lequel il trouva un adversaire très-rude et très-entreprenant. Le proscrit alla en Normandie et combina un plan d'opérations avec le duc : il envoya des messagers aux princes du Nord, et obtint l'assistance de Harold Hardrada , roi de Norwége; il rassembla une flotte de soixante voiles à Bruges, et, étant entré dans la Manche, commença la guerre par lever des contributions dans l'île de Wight. Mais il se retira à l'approche de son frère, et, tournant la pointe sud de l'Angleterre, il se dirigea vers le nord. A Lindescy, il fut défait par Edwin; ses marins l'abandonnèrent dans sa délresse , et Malcolm, roi d'fccosse, lui donna un asile jusqu'à l'arrivée de son allié le roi de Norwége*. L'armement de Hardrada ne fut prêt qu'au mois d'août; alors le monarque norvégien, laissant la régence de son royaume à son fils Magnus , s'embarqua avec sa famille et une brillante armée sur une flotte de trois cents voiles. Sa femme Elisabeth et ses deux filles , craignant les dangers de la campagne , furent mises à terre dans les Orcades, et Hadrada, suivant les conventions faites, fut rejoint par Tostig, avec quelques vaisseaux , à l'embouchure de la Tyne. Leur premier soin fut de chercher à s'emparer d'York, et, à cet effet, ils entrèrent dans le Humber et remontèrent l'Ouse. Les comtes Edwin et Morcar firent une tentative désespérée pour sauver cette capitale. [20 sept.] Le Nor-