‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 229 sur 643 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

wégien avait appuyé son aile droite sur la rivière, et la gauche sur un marais. L'impétuosité des Anglais enfonça la ligne; mais à leur tour ils furent culbutés par un corps de troupes fraîches venu des vaisseaux , et il périt plus de fuyards dans l'eau qu'il n'en était tombé sous Fépée. Edwin et Morcar s'enfuirent à York; on ouvrit des négociations, et l'échange mutuel de cent cinquante otages montre que la province fut cédée conditionnellement aux envahisseurs1.

Harold avait achevé ses préparatifs, et, ayant pris position entre Pevensey et Hastings, il attendit avec confiance la descente dont le Normand le menaçait. L'invasion inattendue de Hardrada déconcerta ses projets. Se fiant , néanmoins , à sa fortune, et encouragé par l'état orageux du temps, il ne perdit pas un moment pour marcher contre l'agresseur, et arriva aux environs d'York quatre jours après sa dernière bataille. Ne se doutant pas du danger, Hardrada avait laissé une partie de ses forces à bord et marchait avec l'autre dans le dessein de partager et d'organiser la province qu'il avait conquise. L'infatigable Harold le surprit dans cette occupation. [27 sept.] Étonné, mais non effrayé, le Norvégien envoya trois messagers à la flotte pour hâter l'arrivée de ses gens, tandis qu'il se retirait lentement à Stamford-Bridge , sur le Derwent. Là, il rangea ses guerriers en un cercle compacte, mais creux. L'étendard royal occupait le centre ; la circonférence était composée de lanciers. Le tout était entouré d'une ligne de lances fortement fixées en terre et pointées extérieurement dans une direction oblique.

L'historien islandais a conservé quelques anecdotes curieuses sur cette célèbre bataille. Hardrada portait un manteau bleu et un casque étincelant. Comme il faisait le tour du cercle , son cheval tomba. « Quel est ce chef à terre? » s'écria Harold. Ayant su que c'était Hardrada : « C'est un vaillant guerrier, » reprit-il, « mais sa chute prouve que son heure approche. »• Peu après, un messager vint de la part du monarque anglais offrir à Tostig le comté de Northumberland. « Cette proposition, » dit le proscrit, « aurait dû être faite il y a quelques mois. Mais, si je l'accepte, que donnera mon frère au roi de Norwégc? » « Sept pieds de terre pour un tombeau, » fut-il répondu avec mépris. Tostig eut honte d'abandonner son ami.

La cavalerie anglaise avait coutume de charger par masses irrégulieies, et, si elle rencontrait de la résistance, de se disperser dans toutes les directions et de se reformer sur un point donné. La

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