‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 236 sur 643 · Order. Vit. 176. Malm · texte numérisé non relu

Order. Vit. 176. Malm

2. Quelques écrivains ont supposé que ce nom venait de Sane-lac, ou lac de sang, par allusion au carnage qui se rit dans cette bataille. Mais Orderic nous assure que Senlac était l'ancien nom : « locus, qui Senlac antiquitus vocabatur. » Order 173.

avaient pris position. La bannière papale, comme gage de victoire, était portée en tète pur Tourtain-le-Bcau, honneur dangereux que deux des barons normands avaient successivement refusé l.

Au moment où les deux armées étaient près d'en venir aux mains , les Normands poussèrent le cri national de Dieu est notre aide! auquel il fut répondu avec force par celui de Croix du Christ, sainte croix! Les archers, après avoir tiré leurs flèches, se replièrent sur rinfanterie, dont la ligne faible et étendue n'était pas en état d'entamer Jours adversaires plus nombreux. Guillaume ordonna à la cavalerie de charger. Le choc fut terrible ; mais les Anglais opposèrent sur tous les points une masse solide et impénétrable. Ni bouclier ni corselet ne pouvait résister aux coups de la hache d'armes, maniée avec un bras vigoureux et un œil sùr; et la confiance des Normands se dissipa à la vue de leurs pertes et de la contenance hardie de leurs ennemis. Après un instant d'hésitation, la cavalerie et l'infanterie de l'aile gauche se mirent à fuir ; leurs adversaires les poursuivirent vivement , et le bruit courut que Guillaume lui-môme avait péri. Toute l'armée commençait à chanceler, quand le duc, son casque à la main, parcourut la ligne à cheval en sécriant : « Je suis encore en vie, et, avec l'aidé de Dieu , je serai encore vainqueur ! » La pr ésence de leur commandant et sa confiance ranimèrent l'espoir des Normands, et la prompte destruction des Anglais qui avaient pqursuivi les fuyards fut transformée par leur enthousiasme en une assurance de victoire. Ces hommes braves mais imprudents avaient effectivement été coupés, au retour, par un corps nombreux de cavalerie ; et. étant à pied et en désordre, ils disparurent promptement sous l'épée, ou plutôt sous les chevaux de l'ennemi. Pas un homme n'échappa au carnage.

Guillaume ramena ses troupes à l'attaque; mais la colonne anglaise, compacte et inébranlable comme un roc au milieu des vagues, résista à tous les assauts. Désappointé et embarrassé, le Normand eut recours à un stratagème qui lui fut suggéré par l'avantage qu'il avait obtenu au commencement de la journée. 11 donna à une division de cavalerie l'ordre de fuir; elle fut poursuivie, témérité qui fut punie par une destruction instantanée. Il essaya de la même feinte avec un égal succès sur une autre partie du champ de bataille. Ces pertes pouvaient diminuer la force numérique des Anglais ;. mais le corps d'armée maintenait obstinément sa position, et défiait tous les efforts des Normands*.

1. Pict. 127. Hunt. 210, 211. Orderic, 178. Il fit ce vœu, « ad eorum corda roboranda. » New flym. 1, 4.

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