‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 241 sur 643 · Leg. 401, 50, 63. Bromp · texte numérisé non relu

Leg. 401, 50, 63. Bromp

contre le souverain de son pays. On nous dit que Gawin et ses fils « répugnaient à marcher contre leur seigneur-roi. » Cependant leurs u hommes » les suivirent en nombre suffisant pour rendre douteuse l'issue de la lutte ; et lors de la soumission de leurs chefs, tout ce dont ils furent requis, ce fut de transférer leur hommage « aux mains » du roi.

Il faut observer, toutefois, que les vassaux anglo-saxons étaient divisés en deux classes. Les uns étaient vassaux par tenure, tenant leurs terres sous l'obligation de suivre leur soigneur ; et ceux-ci paraissent avoir été nombreux , car beaucoup de fils de nobles saxons n'avaient d'autre héritage que leur épée, et d'autre profession que les armes. Ces hommes étaient, par conséquent, toujours prête à accepter une offre de terres en retour de service militaire: et étaient accoutumés, s'ils ne trouvaient point de telles offres dans leur province natale, à chercher de l'emploi parmi les guerriers de quelque chef puissant dans les autres royaumes saxons *. L'autre classe se composait de vassaux par choix, d'hommes qui, ayant des terres à eux, jouissaient du privilège digne d'envie de choisir leur seigneur : car c'était un axiome de la législation saxonne que tout homme devait avoir un supérieur responsable de sa conduite *. On peut trouver des détails sur ces deux classes dans les restes d'antiquités anglosaxonnes.

Quelle qu'ait pu être la conduite des autres tribus du nord , on ne peut douter que les conquérants de la Bretagne n'aient partagé entre eux les terres des vaincus. Ce fait est suffisamment atteslé par l'état de la propriété foncière chez eux à toutes les époques subséquentes de leur histoire, et par les arpentages généraux qui en avaient été faits dans l'origine. Chaque district et chaque royaume avaient été distribués par supputation en autant de terres de familles, autrement nommées bides ou soiclings. Le vénérable Bède nous apprend (720) que l'île de Wight encontenaitdouze cents ;

1. Voyez les remarques de Bède sur les u filii nobilium vel emeritorum militum <« [Ep. ad Egb. A ni. 3091. Je suppose que ce sont les sitheundmen , ou hommes du sith, ou profi ssion militaire , si souvent mentionnés dans les premières lois des royaumes du sud. Leg. 10, 22, 23, 25.

2. En latin, on les appelait « commendati. » Ils étaient communs en France (Baluz. C'apit 443, 536), et paraissent avoir été très-nombreux en Angleterre. Ainsi, quand Alfred lègue plusieurs de ses terres à son fils Edouard, il « prie 1rs familles de Chedder, dans le Somersetshire, de choisir Edouard aux mêmes conditions qui avaient été jadis convenues entre Alfred et elles » {Test. JEIJ.). Nous les voyons souvent décrits dans le J^omesday, comme hommes libres, qui pouvaient aller avec leurs terres à qui ils voulaient. Ainsi, dans le Kent, • poternnt ire quolibet euin terris suisLefstan, ctLewin, et Eluret, et Siret, et duo alii, tempnre régis Edwardi » (Dômes. 10, 6V 21. Dans l'arpentage d'Exon l'expression u ire quo volcbant, « «>st remplacée par « clipere dominum secundum voluntatem suam « (fol. Mi

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