CHAPITRE SEPTIÈME. V\l
firme pleinement à la fin. Il parait avoir été exigé de tons les vassaux, tant de ceux qui se choisissaient leurs seigneurs que de ceux qui tenaient les terres des autres *. Il est impossible de découvrir d'après quelle règle on l'imposa dans l'origine; mais plus tard on prit pour base l'usage immémorial , qui parait avoir varié dans presque chaque comté et chaque bourg. Peut-être ne serons-nous pas loin de la vérité en jugeant du reste du royaume par le Berkshire, où nous savons qu'un miles était fourni par cinq hides de terre ; qu'il servait pendant deux mois ; et que, si ses propres possessions n'atteignaient pas la quantité légale, il recevait des autres propriétaires une paye au taux de quatre shillings par hide. On doit remarquer que la loi exigeait le môme nombre de hides pour la dignité de thane, que les rédacteurs normands du Domesday appellent , dans leur langage féodal , miles régis dotninicus.
Ce service fut assuré par de nombreuses dispositions dans les lois des rois saxons , depuis le temps d'Ina (700) jusqu'au règne de Canute (1030). Dans certaines occasions, le réfractaire était puni par la confiscation de ses terres; dans d'autres, par le payement d'une amende déterminée. Dans le Worcestershire , s'il était vassal par choix, sa propriété immobilière était mise à la merci du roi ; s'il était tenancier d'un autre, le seigneur était tenu de lui trouver un remplaçant, ou de payer uneamende de quarante shillings, îivec pouvoir d'en prélever les frais sur le réfractaire. Les bourgeois d'Oxford étaient libres d'envoyer vingt soldats, ou de payer vingt livres; à Warwick, quiconque n'obéissait point à la sommation, avait à payer cent shillings d'amende; à Colchester, chaque maison payait six pence en échange de tout service militaire. Dans ces exemples et dans beaucoup d'autres de même espèce, nous pouvons aisément reconnaître les principes de la prestation appelée scutage par les feudistes normands f.
Les trois grands services dont nous avons déjà fait mention n'étaient pas les seules charges qui pesaient sur la propriété foncière chez nos ancêtres saxons. Dans différentes chartes, il est question d'aides de shéritfs, du hidage ou taxe sur les terres , des honoraires des ealdormen et des officiers publics, et d'une foule d'impositions diverses dont la nature serait l'objet de recherches inutiles. Mais dans le nombre il en était une pénible qui a une grande ressemblance avec ce qu'on nomma plus tard pourvoyance, l'obligation de fournir du fourrage, des provisions et le logement aux personnes de la suite du roi lorsqu'il voyageait dans le pays, et non-seule-