CHAPITRE PREMIER
nom do Britannia Prima. La Britannia Sccunda comprenait la principauté actuelle de Galles, et, de plus, le terrain que la Sevcrn embrasse dans les circuits de sa course vers le canal de Saint- George. Flavia Ca?sariensis était la troisième comme rang , mais la première comme.étendue. Elle était bornée de deux côtés par les provinces précédentes, et des deux autres par le Humber, le Don et l'océan Germanique. Au nord du Humber était la province de Maxima; elle allait jusqu'à l'Eden et à la Tyne, et les mers de l'Ouest et de l'Est baignaient ses deux rivages. Ensuite venait Valentia qui renfermait les basses terres écossaises jusqu'aux détroits de la Clyde et du Forth. Les tribus au delà de ces détroits formaient le sixième gouvernement de Vespasiana, séparé des Calédoniens indépendants par la longue chaîne de montagnes qui , commençant près de Dunbarton, traverse les deux comtés d'Athol et de Badencch, et s'étend au delà du détroit de Murray. Mais la plus grande partie de cette province fut arrachée de si bonne heure à la domination de Rome qu'il est rare que les écrivains en fassent mention, et que la prélenture* d'Agricola a été généralement considérée comme la limite septentrionale de l'empire en Bretagne1. A chacune de ces divisions était affecté un gouvernement distinct, sous la surveillance générale du préfet ; mais les intérêts des gouverneurs étaient séparés avec un soin jaloux de ceux des provinciaux. Tout Breton de naissance était exclu, dans son pays, de tout emploi de confiance ou qui donnait quelque autorité; et il était interdit par la loi à tout homme occupant ces sortes d'emplois d'épouser une indigène ou d'acquérir des propriétés dans l'ile5.
Sur la surface de ces provinces étaient éparpillés un grand nombro de villes inhabitées et de postes militaires dont les noms nous ont été conservés dans les Itinéraires de Richard et d'Antonin. Ils étaient en partie d'origine bretonne et en partie d'origine romaine, et étaient divisés en quatre classes qui diminuaient graduellement de privilèges et d'importance. 1° Le premier rang était revendiqué par les colonies ; c'était depuis long-temps la politique de Rome de récompenser les vétérans en leur donnant des terres dans les pays conquis ; et on choisissait en général celles qui réunissaient le dou-
1. Prœlenlura, ouvrage avancé, fortification qui couvre le dehors. Garnison de frontière. \Note du traducteur.)
2. Rie. Corin. I, p. 15. Not. Imp. occid. f. 155. Les capitales de ces provinces étaient Richborough.Caerleon, Londres, York, Whithern et Inverness. L'existence de cette dernière province de Vespasiana a été mise en question ; mais l'autorité de Richard se corroboro du témoignage de Ptolémée , qui fait mention du poste militaire de Pterotone ou Inverness. Ptol. vm, 2. Apud Gale, tVhit. Jlfanck. i, 8 ; "1,2; xi, 2.
3. Voyez \esPandecles, xxm, tit.II, n. 38, 57,63. Cod. Theod. vin, tit. XV, leg. 1 .
38 HISTOIRE D'ANC LETERRK.
blo avantage d'un sol fertile et d'une position militaire. Chaque colonie était une miniature de la cité-mère : elle adoptait les mêmes coutumes, était gouvernée par les mêmes lois, et, sous -des titres semblables, conférait à ses magistrats la même autorité. Il y avait en Bretagne neuf de ces établissements,, deux civils et sept militaires1. Dans la construction de ces derniers nous découvrons une similitude frappante avec les tenures féodales des siècles postérieurs. Le vétéran tenait sa terre de la munificence de l'empereur, et était obligé d'enrôler ses fils dans l'armée dès qu'ils sortaient de l'adolescence. Le déshonneur , l'emprisonnement ou quelquefois la mort était la punition du jeune homme qui refusait de servir le bienfaiteur de son père et de sa famille. 2° Les avantages dont jouissaient les colonies étaient presque égalés et surpassés à quelques égards par les privilèges des villes municipales, dont les habitants n'étaient pas soumis à l'action des statuts impériaux, et qui, avec le titre de citoyens romains, avaient le droit de choisir leurs décurions ou magistrats, et celui de faire leurs propres lois. Des privilèges si précieux étaient réservés comme récompense d'un mérite extraordinaire , et la Bretagne ne possédait que deux municipes, Verulam et York2. Mais le jus Latii ou droit latin, qui conférait des avantages plus partiels, s'accordait avec plus de facilité. Dix des villes bretonnes l'avaient obtenu de la faveur de différents empereurs, et étaient autorisées à choisir leurs magistrats, qui, à l'expiration de l'année, résignaient leurs offices, et avaient droit à la bourgeoisie romaine3. Cette bourgeoisie faisait toute l'ambition des provinciaux, et, au moyen des élections annuelles, avait été successivement conférée à presque tous les membres de chaque corporation latine. 3° Les autres villes étaient stipendiâmes, forcées, comme ce mot l'indique, à payer un tribut, et gouvernées par les officiers romains, qui étaient à la nomination du préteur. Ces distinctions, toutefois, s'abolirent graduellement. Antonin accorda dans ces provinces le droit de bourgeoisie au rang et à la fortune ; Caracalla étendit cette faveur au corps tout entier des indigènes *. Quoique Agricola eût défait les Calédoniens, il n'avait pu les
1. Richborough, Londres, Colchcstcr, Bath, Gloucester, Caerleon, Chester, Lin~ coin et Chesterfield. Rie. Corin. i, p. 36.