CHAPITRE PREMIER
subjuguer. Après son départ ils continuèrent d'insulter la puissance romaine, franchirent fréquemment la ligne de forts établie entre les deux détroits, et, par l'exemple de leurs succès, rallumèrent la flamme de l'indépendance dans le sein d'un grand nombre de leurs compatriotes. En moins de trente ans l'état de la Bretagne était devenu assez précaire pour réclamer la présence de l'empereur Adrien. [A. D. 420.] L'histoire garde le silence sur ses exploits; mais, d'après le témoignage des médailles et des . inscriptions, nous pouvons croire qu'il chassa les barbares et reprit les provinces qui avaient été perdues *. Cependant, si ses victoires ont été oubliées, sa mémoire a été conservée par un ouvrage militaire qui fut exécuté sous sa direction, et qui jusqu'ici a défié les ravages du temps. Convaincu par expérience que la prétenture d'Agricola ne pouvait arrêter les tribus du nord , il résolut d'opposer une seconde barrière à leurs incursions en érigeant un rempart avec fossé en travers de Pile, depuis le détroit de Solway, sur la côte occidentale , jusqu'à l'embouchure de la Tyne , sur la côte orientale. Cette immense fortification avait plus de soixante milles (anglais) de long, et des corps considérables de troupes stationnaient en permanence, à des distances rapprochées, sur toute l'étendue de la ligne*.
[A. D. H6.] Mais la tranquillité qu'avait rétablie Adrien fut plus d'une fois troublée sous le règne de son successeur Antonin. Au nord du vallum les six tribus des Macètes reconquirent leur indépendance; au sud, les Brigantes prirent les armes, et envahirent le territoire des Ordovices. Lollius Urbicus fut nommé propréteur de la Bretagne. Il châtia les Brigantes, subjugua les Macètes, et, à l'imitation d'Adrien, fit une nouvelle fortification à travers l'isthme, depuis Car-riden sur le Forth jusqu'à Alcluid sur la Clyde, distance de plus de trente-six milles. En l'honneur de l'empereur, elle fut appelée le vallum d' Antonin; et les nombreuses inscriptions qui ont été conservées nous apprennent les