Orderic
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tifié par do mutuels services. Dans toutes les commotions civiles, Fitz-Osbcrn avait pris parti pour son souverain. C'était à son influence qu'était attribuée la détermination prise par Guillaume d'envahir l'Angleterre; et au mérite d'une sagesse consommée dans le cabinet, il joignait celui d'un courage sans égal sur le champ de bataille. Il était regardé comme l'orgueil des Normands et le fléau des Anglais ».
Le mérite antérieur de ses ministres doit être cru sur la parole de leur panégyriste; mais leur conduite subséquente ne paraît pas digne de la confiance qu'avait en eux leur souverain , et c'est à leur arrogance et à leur rapacité qu'il faut attribuer les insurrections, les confiscations et les massacres qui affligèrent si long-temps ce malheureux pays, et qui à la fin réduisirent les indigènes à un état de mendicité et de servitude. Dès qu'ils entrèrent dans leurs hautes fonctions, ils se départirent du système de conciliation que le roi avait adopté, et prirent les airs hautains et les manières arrogantes des conquérants. Les plaintes des gens lésés furent méprisées; l'agression fut encouragée par l'impunité, et les soldats des différentes garnisons insultèrent les personnes, violèrent les femmes et les filles, et se livrèrent librement à tous les excès sur les propriétés des indigènes *. Le déni de justice éveilla l'indignation des Anglais ; et en cet instant d'effervescence nationale, s'il se fût présenté un individu capable d'organiser et de diriger l'animosité générale , les Normands eussent probablement perdu leur ascendant. Mais les principaux chefs étaient absents; et les mesures des insurgés , sans système ni connexion, n'étaient que le résultat d'une irritation soudaine , et atteignaient mieux le but d'une vengeance du moment que d'une délivrance durable. D'ailleurs, il n'y avait point IT unanimité parmi les indigènes. Un grand nombre écoutaient plutôt les suggestions de l'égoïsme que celles du patriotisme; l'archevêque d'York et plusieurs des prélats, beaucoup de thanes qui jusque-là n'avaient pas été molestés , et les habitants de la plupart des villes, dont la prospérité dépendait de la tranquillité publique, restèrent paisibles spectateurs du désordre qui régnait autour d'eux. Quelques-uns même prêtèrent leur assistance pour dompter les insurgés3.
Parmi les plus chauds amis des Normands était Copsi ou Coxo , thanequi, sousÉdouard, avait gouverné la Northumbrie comme délégué de Tostig. Après l'avoir fait comte, Guillaume avait confié à sa