‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 30 sur 643 · Voyez Speed, 96. Camd. lntrod. lxxix · texte numérisé non relu

Voyez Speed, 96. Camd. lntrod. lxxix

2. Spartian. in Adrian. p. 290. Depuis Burgh, dans les sables, jusqu'à la ville de Newcastle, on peut suivre les traces du vallum évitant les montagnes et serpentant le long des vallées. Le fossé paraît avoir eu onze pieds de large et neuf de profondeur; le rempart, aujourd'hui, s'élève en quelques endroits à six pieds audessus de l'ancien sol. En outre, deux aggeres , ou levées de terre, une au nord, l'autre au midi, courent dans toute la longueur de la ligne parallèlement au fossé, à la distance de près de vingt pieds. Il est probable que la levée de terre au midi est une route militaire , et que, dans l'origine , l'ouvrage d'Adrien , comme celui d'Antonin entre les détroits , ne consistait que dans le fossé, le rempart et le chemin. Uagger, au nord, put être ajouté depuis comme route militaire pour la muraille de Sévt re, quand le vallum cessa d'être considéré comme une défense.

noms des différents corps qui la bâtirent et les différentes portions d'ouvrage qui furent respectivement assignées à chacun d'eux1.

[A. D. 180.] Les hostilités étaient devenues continuelles entre les Calédoniens et les Romains. Poussés par lanimosité nationale et par l'amour du pillage , ces intraitables barbares assaillaient tous les ans le vallum d'Antonin, éludaient souvent la vigilance dos gardes ou triomphaient do leur résistance , et répandaient la dévastation dans la province. Mais, sous le règne de Commode, leurs incursions prirent un caractère plus formidable, et le mécontentement des légions alarma l'empereur sur la sûreté de la Bretagne. Ulpius Marcellus, soldat d'une valeur éprouvée et d'une intégrité sans tache, fut nommé propréteur. Il rétablit la discipline de l'armée, et repoussa les Calédoniens dans leurs montagnes natales. Mais ses services furent payés d'ingratitude. Par sa sévérité il s'attira la haine d'une soldatesque séditieuse, et sa gloire excita la jalousie d'un prince dissolu. Il échappa avec peine aux glaives des mutins; Commode lui retira le commandement, et ce fut à regret qu'il s'abstint de lui ôter la vie2.

Mais les légions bretonnes mirent bientôt à l'épreuve la faiblesse de l'empereur. Elles envoyèrent une députation de quinze cents hommes demander la tète du ministre Perennis. Ces dangereux pétitionnaires traversèrent sans opposition la Gaule et l'Italie, et Commode vint lui-même à leur rencontre aux portes de Rome. Pour ce prince, plongé dans les plaisirs et peu avare de sang, la vie d'un favori était sans importance. Il livra Perennis à leur vengeance ; la malheureuse victime fut battue de verges et décapitée, et sa femme et ses filles furent immolées sur son corps8.

[A. D. 170-197.] Le gouvernement de la Bretagne fut conféré ensuite à Clodius Albinus. Sa naissance et ses talents éveillèrent la jalousie de l'empereur son maître, qui, soit pour être sûr de sa fidélité, ou, ce qui est plus probable, pour éprouver son ambition, lui offrit le rang et l'autorité de césar. Albinus eut la prudence de refuser cet insidieux présent; mais après la mort de Commode et les règnes éphémères de Pertinax et de Julien , il accepta volontiers cette même dignité de l'empereur Sévère. Il apparut bientôt que, malgré toute l'amitié dont il faisait parade, Sévère était son secret et mortel ennemi; et Albinus, d'après le conseil de ses amis, revêtit la pourpre impériale et conduisit dans la Gaule les

1. Pausan. in Arcatl. 1. vin, p. 698. Capitol, in Anton, p. 297. Horsley, Bril. Rom. p. 160. Henry II, App. ix, 476.

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