‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 295 sur 643 · ld. 70. Chron. sax · texte numérisé non relu

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d'un côté dans un bois épais, le chef en sortit de l'autre, fondit à l'improviste sur Turold, et l'enleva avec plusieurs autres Normands, qu'il tint enfermés dans des cachots humides et malsains jusqu'à ce que la somme de deux mille livres lui eût été payée pour leur rançon1.

L'orgueil de Guillaume dédaigna quelque temps de remarquer les efforts de Hereward ; mais lorsque Morcar et la plupart des exilés d Écossc eurent rejoint ce chef, la prudence le poussa à écraser l'hydre avant qu'elle n'eût acquis toute sa force [1071]. Il posta sa flotte dans le Wash, avec ordre d'observer toutes les issues qui conduisaient des marais à l'océan. Sur terre , il distribua ses troupes de manière à rendre toute évasion presque impossible. Mais la grande difficulté était d'atteindre l'ennemi , qui s'était retiré dans sa forteresse, située sur une étendue d'eau qui, dans la partie la plus étroite, avait plus de deux milles de large. Le roi entreprit de construire une route solide à travers les marais, et de jeter des ponts sur les bras des rivières : ouvrage considérable et non moins dangereux en vue d'un ennemi vigilant et entreprenant. Hereward dispersa fréquemment les travailleurs ; et ses attaques furent si soudaines, si continuelles et si destructives, que les Normands attribuaient son succès à l'assistance de Satan. A l'instigation de Tailbois, Guillaume eut la faiblesse d'employer une sorcière qui devait , par l'influence supérieure de ses enchantements , déjouer ceux des magiciens anglais. On la plaça dans une tourelle de bois en tète de l'ouvrage ; mais Hereward, qui épiait l'occasion, mit le feu aux roseaux secs du voisinage : le vent répandit rapidement l'incendie ; et l'enchanteresse avec ses gardes, la tourelle avec les travailleurs furent enveloppés et consumés dans les flammes7.

Ces échecs pouvaient irriter le roi : ils ne purent le détourner de son dessein. En dépit de tous les obstacles, l'ouvrage avançait ; il était évident que dans peu de jours les Normands seraient en possession de l'ile, et la plus grande partie des proscrits se mirent volontairement à la merci du roi. Leur sort fut différent : de quelques-uns il accepta une rançon , un petit nombre reçut la mort , beaucoup perdirent un œil, une main ou un pied; et plusieurs, entre autres Morcar et levèque de Durham, furent condamnés à un emprisonnement perpétuel. Hereward seul ne put supporter l'idée de se soumettre. 11 s'échappa à travers les marais, se cacha dans les bois, et, aussitôt que l'armée royale se fut retirée, il reprit les hostilités contre l'ennemi. Mais le roi, qui avait appris à rcs-

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