CHAPITRE PREMIER
légions bretonnes. Les deux armées, montant à eent mille hommes, combattirent dans la plaine de Trévoux, près de Lyon. La cause d'Albinus parut d'abord triompher, Sévère disparut du champ de bataille; mais bientôt il revint avec des troupes fraîches, engagea de nouveau le combat et obtint la victoire. Le césar breton paya son ambition de sa tète *.
[A. D. 198.] Sévère fut alors maître absolu de l'empire. Pour détruire le pouvoir exorbitant du préfet de la Bretagne, il divisa l'île en deux gouvernements, donna l'un à llcraclianus et l'autre à Virius Lupus*. Ce dernier, avec une armée composée de recrues, ne fut pas en état de résister aux efforts réunis des Macètes et des Calédoniens, et fut obligé d'acheter à prix d'argent un répit précaire. Cet expédient, s'il lui procura un moment de repos, les invita à renouveler leur tentative; et Lupus, las de leurs hostilités continuelles, sollicita la présence de l'empereur et l'assistance d'une armée nombreuse*.
[A. D. 207-211.] Quoique Sévère fût avancé en âge et d'une santé affaiblie, il répondit avec empressement à l'appel de son lieutenant. 11 était accompagné de ses deux fds, Caracalla et Géta : il confia au plus jeune le gouvernement civil de la province , et il assigna à Caracalla une part dans l'expédition projetée. Lorsque l'armée partit d'York, le choix des commandants, le nombre des légions et des cohortes auxiliaires, et la longue suite des chariots chargés de provisions et de munitions de guerre, annoncèrent que l'empereur était déterminé à subjuguer, sinon à exterminer, toutes les tribus rebelles du nord. Les Bretons étaient mal préparés à une si formidable invasion. Ils n'avaient d'autre arme défensive qu'un bouclier étroit; leurs armes offensives étaient un poignard, une lourde épée accrochée à leur ceinture par une chaîne de fer, et une courte lance à une extrémité de laquelle pendait une clochette. Mais ils avaient pour auxiliaires la nature du pays, abondant en montagnes, en lacs et en forêts; une constitution endurcie à la fatigue, à la faim, à toutes les privations ; l'habitude de courir, de nager et de traverser les rivières et les marais, et, par-dessus tout, le mépris du danger et un invincible amour de liberté. La marche des Romains fut constamment interrompue par la nécessité d'ouvrir des chemins au travers des bois, de jeter des ponts sur les rivières et d'élever des chaussées sur les marais. Ce fut en vain
1. Herodian. 111, 16-23. Dio apud Xiphil. in Sever. p. 322-324.
2. Et; $VQ r^SfAÔvwtç. Herod. m ,24. Spart, in Sêver. p. 820. Inscriptions dans Speed, p. 139 ; par erreur, pour 111.