‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 303 sur 643 · Wilk,Z · texte numérisé non relu

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2. Orderic, 258. Dans un passage de Sprot, qui est évidemment mutilé, le nombre des fiers de chevalier est Axé à 60.216 dont 28,016 appartenaient, est-ii dit, aux moines seuls, indépendamment du reste du clergé (Sprot, Chron. 1141. On a inféré de là qu'ils possédaient près d'une moitié de la propriété foncière du royaume. Mais il est évident qu'il y a erreur dans le chiffre. D'après les relevés du Liber Niger Scaccarii, sons Henri IF, on voit que le nombre des fiefs de chevalier appartenant aux monastères était comparativement fort peu de chose ; et, si les moines avaient été réellement forcés d'abandonner aux laïques l'immense quantité de terre nécessaire pour constituer 28,015 fiefs de chevalier, nous trouverions certainement des plaintes à ce sujet dans quelques-uns de leurs écrivains. Or, je ne crois pas qu'il y en ait un seul qui y ait même fait allusion.

3. Qnelqncs terres étaient tenues en villennge même par des hommes libres, qui s'engageaient à rendre les services que rendaient ordinairement les vilains ; d'autres étaient tenues en soccagn , c'est-à-dire par rente ou tout autre service libre, mais conventionnel, avec obligation de suivre la cour du seigneur. La tenure de hourgtuje se bornait aux villes , et souvent même différait dans une même ville . selon la volonté primitive du seigneur.

sa réquisition, le temps accoutumé *. Mais, dans ces sous-inféodations, chaque seigneur d'un fief servant n'était guidé que par son jugement ou son caprice. Le nombre des fiefs de chevalier établis était tantôt plus grand, tantôt plus petit que le nombre de chevaliers que leurs tenures les obligeaient à fournir. Ainsi l'évêque de Durham et Roger de Burun devaient à la couronne le même service de dix chevaliers ; mais le premier n'en avait pas inféodé moins de soixante-dix, et le dernier n'en avait que six. La conséquence fut que le prélat en avait toujours plus qu'il n'en fallait pour s'acquitter de son service , tandis que Roger était forcé d'y suppléer par des remplaçants soldés, ou par la bonne volonté de quelques-uns des francs-tenanciers de son domaine *.

Mais, outre le service militaire, ces tenures imposaient au vassal nombre d'obligations et de charges sans la connaissance desquelles il serait impossible de comprendre la nature des faits qui seront rapportés dans les pages suivantes.

i° Le serment de féauté était attaché à toute espèce de tenures, même aux plus basses5. Outre ce serment, le tenancier militaire était obligé de prêter hommage pour pouvoir obtenir l'investiture de son fief. Désarmé et tôte nue, à genoux, et ses mains placées dans celles de son seigneur, il répétait ces mots : « Écoutez, mon seigneur; je deviens votre homme lige, de vie, de » membre et de révérence terrestre, et je vous garderai foi et sin- » cérité à la vie et à la mort. Ainsi Dieu me soit en aide. » La cérémonie se terminait par un baiser; et l'homme désormais était tenu de respecter son seigneur et de lui obéir ; le seigneur, de pro-

1. Ainsi l'obligation du service militaire pesa définitivement sur la plus petite portion de la terre. Les biens appartenant À l'abbaye de Ramsey contenaient 390 hides (voyez le fragment imprimé d'après Sprot, p. 195-197). Cependant la quantité de terre qui avait été convertie en fiefs de chevalier ne dépassait pas 60 hides. Ibid. p. 215-217. Lib. Nig. I, 256.

2. Lib. Nig. i, 224, 306, 310. Mais quelle était l'étendue d'un fief de chevalier 1 Une hide de terre contenait quatre yard-lands ; l'yard-land en différents endroits était évaluée à 16, 24, et même 40 acres, peut-être à cause de la valeur différente du sol. On nous dit que quatre hides faisaient un fief entier [apud Sprot, p. 183} ; pourtant, lorsque nous venons aux fiefs eux-mêmes, nous n'en trouvons pas qui contiennent moins de cinq hides, et beaucoup en contiennent davantage {ibid. p. 216). Dans le relevé de Richard de ITaia, nous voyons que des chevaliers font leur service pour cinq caracutes ou hides de terre, et que quelques-uns ont ce nombre, d'autres pas (Lib. Nig. 278). Dans u l'Abbrcviatio placitorum » six hides font un fief dans le Wilts et le Bucks, 27 dans le Cambridgeshire, 9 1/2 de terres de labour dans le Lancaster , 16 dans le Yorkshire, 18 dans le Northumberland, 48 dans U Lincolnshire »pp. 59, 73, 237, 293}.

3. Le vilain même prêtait serment de fidélité au seigneur pour la chaumière et la terre qu'il devait à sa générosité ; et il promettait de se soumettre, corps et biens, à sa juridiction (Spelm. Arch. 226). Mais ce serment de féauté devint par la suite des temps la cause d'une grande amélioration dans la condition des vilains. Il leur

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