‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 309 sur 643 · Siméon , 211. Bromp. 977. West · texte numérisé non relu

Siméon , 211. Bromp. 977. West

5. VUux proverbe qui signifie que le plus court conseil est le meilleur.

crime et l'innocence, exécuta, sans investigation, ceux des indigènes qui tombèrent entre ses mains, et ravagea toute la contrée1.

[1082.] Ce prélat, qui avait si long-temps joui de l'amitié du roi, devait finir par éprouver son ressentiment. Odon , non content du rang qu'il occupait en Normandie et en Angleterre, aspira à la papauté. La fortune de Guiscard avait éveillé les espérances les plus extravagantes dans l'esprit de ses compatriotes , et on croyait qu'avec un pape normand l'Italie entière tomberait sous le joug des Normands. Par quel moyen Odon devait obtenir la dignité papale, nous l'ignorons ; mais plusieurs des officiers favoris de Guillaume s'étaient engagés à suivre le prélat. Ce projet fut déjoué par la diligence du roi, qui saisit les trésors destinés à l'entreprise, et ordonna à ses serviteurs de s'emparer de son frère. Ils hésitaient par respect pour le caractère épiscopal. Guillaume l'arrêta luimême; et, lorsque Odon lui fit des remontrances, il répliqua : « Ce n'est pas l évèque de Baveux , mais le comte de Kent que je fais prisonnier. » Odon resta étroitement enfermé jusqu'à la mort du roi *.

[108b.] Le Conquérant était parvenu à l'apogée de sa puissance, lorsqu'il s'éleva contre lui dans le Nord un nouvel et formidable antagoniste, Canute, fils de Suénon, qui était monté sur le trône de Danemarck. Comme le roi d'Angleterre, il était bâtard ; mais la tache de sa naissance se perdait dans l'éclat de ses talents. Déterminé à réclamer la couronne d'Angleterre comme successeur de son homonyme Canute-le-Grand , il obtint d'Olave , roi de Norwége, une Hotte de soixante vaisseaux., et la promesse d'une autre de six cents voiles de son beau-père Robert, comte de Flandres. Guillaume éprouva de vives alarmes : sentant qu'il ne pouvait compter sur l'affection de ses sujets , il rassembla des aventuriers de toutes les nations de l'Europe ; les trésors qu'il avait amassés avec une impitoyable avarice furent employés è solder des auxi- 1 aires, et les indigènes furent stupéfaits et effrayés de la multitude d'étrangers armés qu'il introduisit dans l'ile5. Canute languit plus

1. Sim. 47. Ma1m. 62. Chron. sar. 184. Flor. 639. Alur. flev. 135.

2. Chron. sax. 184. Flot. 641. Malm. 63. Ordcric apud Duchosne, 573. La distinction entre lévêquo de Baveux et le comte de Kent fut suggérée par Lan franc. Knygthon,2369.

3. Chron. sax. 186. Si le lecteur s'étonna que Guillaume ait pu engager à son service un si grand nombre d'étrangers , il se rappellera que les nations gothiques étaient encore attachées aux habitudes de leurs ancêtres. Tacite iGerm. xm, XI v) nous apprend que les jeunes gens, dès qu'ils avaient reçu solennellement leurs armes . entraient au service de quelque chef célèbre ; ou , si leur propre tribu était eh paix, allaient acquérir de la gloire militaire chez quelque peuple étranger. Il eh était de même au onzième siècle. Les jeunes gens destinés à la profession des armes se mettaient à la solde de l'un de leurs chefs ou allaient tenter fortune au

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