‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 32 sur 643 · Herod, m · texte numérisé non relu

Herod, m

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que Sévère chercha un ennemi qu'il put combattre de front. Les naturels s'étaient sagement divisés en détachements qui s'attachaient aux flancs des Romains, épiaient chaque avantage et souvent faisaient de soudains et cruels ravages dans les longues lignes embarrassées de leurs ennemis. L'empereur, sans tenir compte de ses pertes ni s'effrayer des difficultés, continua de pousser en avant jusqu'à ce qu'il atteignît le frith de Cromarty, où il consentit à accepter les offres de soumission qu'il avait refusées précédemment; et, pour avoir l'air de punir l'obstination des naturels, il exigea la reddition aominalc d'une partie de leur territoire. Mais cet insignifiant avantage avait été chèrement acheté ; et le nombre des Romains qui périrent de fatigue, de maladie et par le fer, a été évalué à cinquante mille 1 .

Quand Sévère fut de retour à York, il eut le loisir de chercher les moyens d'assurer la tranquillité des provinces méridionales. Ce qu'il venait de voir l'avait convaincu qu'aucun rempart de gazon ne pouvait résister aux assauts de ces barbares actifs et persévérants, et il se détermina à arrêter leurs incursions en élevant une solide muraille de pierre à quelques pas au nord du vallum d'Adrien. Dans le voisinage de la mer elle conservait une ligne parallèle ; mais à mesure qu'elle approchait d'un terrain plus élevé, laissant l'ouvrage de cet empereur décrire ses circuits le long des vallées, elle gravissait hardiment les plus hautes éminences, et courait au bord des précipices les plus escarpés. Sa hauteur était de douze pieds2 ; sa largeur à la base variait de deux à trois verges. En avant était creusé un fossé de môme dimension que celui d'Adrien, et la défense en était confiée à quatre escadronset à quatorze cohortes, ce qui composait une armée de dix mille hommes occupant dix-huit postes sur toute la ligne de la muraille. L'histoire de Sévère proclame cette merveilleuse construction comme la principale gloire de son règne ; les voyageurs de nos jours en contemplent les restes avec un sentiment de surprise et de satisfaction s.

A peine les Romains avaient-ils évacué le territoire des Calédoniens et des Macètcs, qu'on apporta à Sévère la nouvelle que les barbares avaient recommencé les hostilités. La fatigue de la dernière campagne avait tellement accru ses infirmités qu'il ne fut plus en état de rejoindre l'armée. Il en donna le commandement à Caracalla, avec l'injonction d'extirper sans merci toute cette race. Mais ce prince avait en vue un objet bien différent :

1 Dio apud Xiphil. in Sever. p. 340. Herod. m, 46-49.

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