CHAPITRE HUITIÈME
institutions religieuses. II entendait chaque jour la messe de son chapelain particulier, et assistait régulièrement au culte public. Dans la compagnie des hommes renommés pour la sainteté de leur vie, il mettait de côté ces manières hautaines par lesquelles il avait coutume d'imposer aux plus puissants de ses barons. Il concourut volontairement à la déposition de son oncle, Malger, archevêque de Rouen , qui déshonorait cette dignité par une conduite immorale1; et il montra qu'il savait apprécier et récompenser la vertu , en s'eflbrçant de placer dans la même église le moine Guitmond , dont il avait reçu jadis une si sévère réprimande*. A la mort d'un prélat, il nommait des officiers pour protéger la propriété de l'archevêché ou abbaye qui vaquait, et lui désignait un successeur de l'avis des principaux membres du clergé5. Lanfranc, dans ses luttes fréquentes contre la rapacité des Normands, fut constamment appuyé par le roi, qui le chargea avec, certains autres commissaires de forcer les shériffs des divers comtés de rendre à l'Église tout ce qui lui avait été pris injustement depuis l'invasion 4.
Il y eut, pourtant, trois points, suivant Eadmer, dans lesquels ce roi usurpa injustement les droits de l'feglise. 4° Sous son règne, le monde chrétien fut affligé et scandalisé par la rupture qui eut lieu entre Grégoire VII et l'empereur Henri IV, qui, eh opposition à son adversaire, créa un anti-pape, Guibert, évèque de Ravenne. Les contestations de ces prélats et les prétentions temporelles de Grégoire fournirent à Guillaume un prétexte pour introduire un nouveau règlement. Il défendit que l'autorité d'aucun pontife fut reconnue dans ses États sans son approbation préalable, et il ordonna que toutes les lettres venant de la cour de Rome fussent, à leur arrivée, soumises à l'inspection royale. î° Quoiqu'il secondât avec zèle les efforts de l'archevêque Lanfranc pour réformer les mœurs du clergé et des laïques , il était si jaloux de tout empiétement sur son autorité qu'il ne permit pas que les décisions des synodes nationaux ou provinciaux fussent mises à exécution sans privilège du roi5. 3° Après la séparation des cours ecclé-