Alur. Bev
nemis; Robert et Henri (qui étaient réconciliés) descendirent du château avec leurs soldats, et les rues de la ville furent remplies de confusion et de carnage. L'issue devint si douteuse que le duc, à la requête de ses amis, se retira en lieu de sûreté ; mais à la fin les Anglais furent expulsés, et Connu fut conduit captif dans la forteresse. Robert le condamna à une prison perpétuelle; mais Heur», qui connaissait bien la douceur de son frère , demanda et obtint la garde du prisonnier. Il le conduisit immédiatement sur la plus haute tour, lui fit contempler la beauté du paysage environnant, puis, le saisissant par la ceinture, il le précipita par-dessus les créneaux. Le malheureux Conan fut fracassé. Le prince, se tournant vers les assistants, fit observer froidement que la trahison ne devait jamais rester impunie *.
Au mois 'de janvier suivant, Guillaume traversa la mer avec une armée nombreuse. Les Normands, qui liraient avantage des calamités de leur pays, saluèrent avec joie son arrivée; mais les barons, qui tenaient des terres sous les deux frères, travaillèrent à effectuer une réconciliation; et un traité de paix Hit négocié sous la médiation du monarque français. La politique de Guillaume triompha encore de la crédulité de Robert. II retint en sa possession les forteresses qu'il avait acquises en Normandie ; mais il promit d'indemniser son frère par un équivalent en Angleterre , et de rétablir dans leurs biens ceux des amis de celui-ci qui en avaient été dépouillés par suite de la dernière insurrection. Dans un article additionnel , il fut stipulé qu'au décès de l'un de ces deux princes le survivant hériterait de ses États 2.
Les plus lésés par ce traité furent l'ethcling Edgar et le prince Henri. Edgar avait été l'ami intime de Robert; mais, à In demande de Guillaume, il fut privé de ses biens en Normandie , et forcé de chercher un asile auprès de son beau-frère, le roi d'Écosse. Les U> lents et les prétentions de Henri étaient depuis long-temps un sujet d'alarme pour le roi et pour le duc. Ils unirent leurs forces, prirent possession de ses châteaux, et l'assiégèrent sur le mont Saint-Michel , rocher élevé, que la marée montante isolait de la terre deux fois par jour. La place était regardée comme imprenable ; mais le manque d'eau força la garnison de l'évacuer au bout de quinze jours, et Henri obtint avec peine la permission de se retirer en Bretagne. Il erra deux ans dans le Vcxin , souffrant les privations de la pauvreté , et accompagné seulement d'un chevalier, d'un chapelain et de trois écuyers. A la lin , il accepta des habitants de