‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 322 sur 643 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Domfront le gouvernement de leur ville , et recouvra peu à peu la plus grande partie de ses anciennes possessions *,

Le siège du mont Saint-Michel fut signalé par une circonstance que nos historiens ont célébrée comme une preuve de la magnanimité de Guillaume. Étant seul à cheval, il aperçut à distance un petit nombre de cavaliers appartenant à l'ennemi , qu'il chargea avec son intrépidité ordinaire. Dans le choc il fut jeté à terre; et son cheval , qui avait été blessé, le traîna quelques pas, le pied dans rétrier. Son adversaire avait déjà levé lépée pour ôter la vie au monarque renversé , lorsque Guillaume s'écria : « Arrête , l'ami, je suis le roi d'Angleterre. » Frappés de respect à sa voix, ses ennemis le relevèrent : ils lui omirent un nouveau cheval , et le roi , sautant en selle, demanda quel était son vainqueur. Celuici s'excusa sur son ignorance. « Ne faites pas d'excuse, » repartit Guillaume ; » vous êtes un brave et digne chevalier. Dorénavant vous combattrez sous ma bannière 8. »

Sous quels prétextes le roi éluda l'exécution de son traité avec Robert, on l'ignore. Ce fut en vain que le duc l'accompagna en Angleterre pour recevoir l'indemnité promise , en vain qu'il renouvela sa demande par des messagers successifs. A la fin il expédia deux hérauts qui, ayant obtenu une audience, renoncèrent, au nom de leur maître, à l'amitié de Guillaume, et le déclarèrent chevalier faux et parjure. Pour défendre son honneur, le roi les suivit en Normandie, et plaida sa cause devant les vingt-quatre barons qui, lors de la signature du traité , avaient juré, douze d'un coté et douze de l'autre, d'en maintenir l'exécution. Ils décidèrent en faveur de Robert ; et de leur décision Guillaume appela à son épée. Le succès couronna ses premiers efforts; mais la fortune changea à l'arrivée du roi de France au secours de son vassal, et bientôt Argensey et Hulme se rendirent avec quinze cents chevaliers , leurs écuyers et soldats. Guillaume eut encore recours à son expédient habituel , la corruption ; et la manière dont il leva la somme mérite le nom d'adroite. Il demanda des renforts en Angleterre, et on rassembla Vingt mille hommes; mais lorsqu'ils furent en rangs et prêts à s'embarquer, chaque soldat reçut l'ordre de payer dix shillings pour l'usage du roi , et de retourner dans ses foyers s. Avec l'argent acquis de la sorte, Guillaume acheta la retraite du roi de France,

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