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3. Cette somme était ce que chacun avait reçu de son seigneur, ou était censé emporter pour son entretien pendant la campagne. "Pecuniain, quie ipsis advictum data fuerat, unicuique decem solidos, abstulit. » Alur. Bcv. Ml.
et, méprisant les efforts isolés de son frère, il revint, après une campagne sans gloire, dans ses États d'Angleterre1.
Mais ce que le roi s'efforçait depuis si long-temps d'obtenir par la force, lui fut enfin livré volontairement par l'esprit chevaleresque de Robert. C'était l'époque des croisades. Urbain II, qui occupait la chaire papale, avait reçu les lettres les plus pressantes du patriarche de Jérusalem et de l'empereur de Constantinople. Le premier peignait avec de vives couleurs les souffrances des chrétiens d'Orient sous le joug de leurs maîtres musulmans; le dernier cherchait à alarmer les nations d'Occident, en décrivant le danger auquel l'approche des Sarrasins exposait la ville impériale ellemême. Leurs représentations réussirent, et le pontife se détermina à opposer l'enthousiasme des chrétiens à l'enthousiasme des infidèles. L'esprit d'aventure, qui avait distingué les tribus du Nord , vivait encore dans le sein de leurs descendants ; et il jugea avec raison que cet esprit serait invincible , s'il était sanctifié et dirigé par l'impulsion de la religion. Lorsqu'au concile de Clcrmont il conseilla une expédition pour recouvrer la Terre-Sainte , la proposition fut reçue avec le cri unanime que c'était la volonté de Dieu. Ceux qui avaient entendu la voix animée du pontife, à leur retour chez eux , répandirent la même ferveur parmi leurs compatriotes ; et de tous les coins de l'Europe des milliers d'hommes s'empressèrent d'aller verser leur sang pour la cause de la croix , et pour arracher à la profanation le sépulcre du Christ . [1096.] L'esprit aventureux de Robert brûlait de prendre part à cette entreprise ; mais, pour paraître au milieu des princes confédérés avec la splendeur due à sa naissance et à son rang, il fallait une dépense que lui interdisait sa pauvreté. Faute d'autre ressource, il eut recours à la cupidité de son frère ; et, en échange d'une somme de dix mille marcs, il lui offrit le gouvernement de ses États pendant les cinq années suivantes. La proposition fut acceptée à l'instant. Guillaume convoqua une grande assemblé? , et , alléguant sa pauvreté, fit un appel à la générosité de ses fidèles barons; ceux-ci , de retour chez eux, requirent, de la même manière, l'assistance de leurs tenanciers; et la totalité de cette somme, extorquée en réalité aux plus basses classes de l'État , fut versée dans l'échiquier et transportée en Normandie. Robert partit le cœur joyeux, en quête des dangers et de la gloire : Guillaume fit voile pour le continent, et demanda la possession immédiate de la Normandie et du Maine *.