‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 346 sur 643 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

les à Henri, et Anselme se dévoua à lui. 11 harangua les troupes sur les devoirs de la fidélité, rappela du camp de Robert quelquesuns des déserteurs, affermit la loyauté chancelante des partisans du roi, et menaça les envahisseurs d'une sentence d'excommunication. Après plusieurs messages infructueux et irritants, Henri demanda une conférence à son frère. Les deux princes s'abouchèrent dans un espace vide entre les deux armées , s'entretinrent quelques instants, et s'embrassèrent en amis. Les termes de la réconciliation furent immédiatement arrêtés. Robert renonça à toute prétention sur la couronne d'Angleterre , et obtint en retour une pension annuelle de trois mille marcs, la cession de tous les châteaux que Henri possédait en Normandie, à l'exception de Domfront, et la révocation de la sentence de confiscation que Guillaume avait prononcée contre ses adhérents. Il fut stipulé, en outre, que les deux princes s'uniraient pour punir leurs ennemis respectifs, et que, si l'un des deux mourait sans enfants légitimes, le survivant serait son héritier. Douze barons de chaque côté jurèrent de maintenir l'observation de ces articles *.

Il n'était pas toutefois dans le caractère de Henri d'oublier et de pardonner. Le traité l'empêchant de châtier la désaffection publique de ses barons anglo-normands, il chercha des prétextes de vengeance dans leur conduite privée. Des espions furent chargés de les surveiller sur leurs domaines et dans leurs relations avec leurs vassaux. On les accusa continuellement, devant la cour du roi, de transgressions réelles ou prétendues, et chaque seigneur mal vu fut à son tour, justement ou non, déclaré criminel et proscrit. Les plus puissantes des grandes familles descendues des guerriers qui avaient combattu avec le Conquérant disparurent successivement ; et, en opposition aux autres, la jalousie de Henri choisit parmi les plus pauvres de ses courtisans des hommes qu'il enrichit des dépouilles des proscrits et qu'il éleva au niveau de leurs plus orgueilleux rivaux. 11 les regardait comme les plus fermes soutiens de son trône; car, puisqu'ils devaient leur fortune à sa générosité, leur intérêt, sinon leur reconnaissance, devait les enchaîner fortement à sa cause ».

Au nombre des proscrits étaient Robert Malet, Ivon de Grentmesnil3, Warenne, comte de Surrey, Guillaume, comte de Mcrton

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