Orderic
3. Ivon fut accusé d'avoir fait la guerre à ses voisins, « quod in illa ï.'gionc cri:v.cn est inusitatum, necsine gravi ultione fit cxpiatuai" lOrderic. 8Jôi. O lut le prand mérite du Conquérant et de ses lils. Ils foreèrent les barons de r^ler leurs eontvstations devant la cour du roi , au lieu de se faire la guerre les uns aux autres.
et de Cornwall , et Robert de Belesme , comte de Shrewsbury. Ce dernier, fils du grand Montgomcry, mérite quelque attention. 11 était le plus puissant sujet de 1'Anglelerro, hautain, rapace et perlide. Dans ces vices, il pouvait avoir plus d'un égal : en cruauté, il dépassait tous les barbares de cette é| orne. Il préférait la mort de ses captifs à leur rançon ; c'était son bonheur de repaître s*>s yeux des contorsions des victimes, hommes et femmes, qu'il avait fait empaler : on dit môme qu'il arracha de ses propres mains les yeux de son filleul , parce que le père de cet enfant avait commis quelque délit insignifiant et avait échappé à sa vengeance *. Henri, par des raisons de politique et non d'humanité, avait conçu pour ce monstre la haine la plus violente. 11 fut cité devant la cour du roi : la conduite de ses officiers en Normandie, aussi bien qu'en Angleterre, ses paroles non moins que ses actions, furent sévèrement examinées, et une longue liste de quarante-cinq délits fut présentée contre lui par ses accusateurs. Le comte, suivant la coutume, obtint la permission de se retirer pour consulter ses amis ; mais aussitôt il monta à cheval, s'enfuit dans son comté, convoqua ses vassaux, et défia hardiment la puissance de celui qui le poursuivait en justice. Henri accepta avec joie le défi, et commença la guerre en investissant le château d'Arundel, qui capitula après un siège de trois mois. Belesme, dans l'intervalle, avait fortifié Bridgenorth sur la rive gauche de la Severn , et y avait mis une garnison de sept cents hommes; mais les habitante de la ville, intimidés par les menaces du roi, se soulevèrent contre leurs défenseurs, et ouvrirent les portes aux forces royales. Shrewsbury restait encore en son pouvoir. De cette ville à Bridgenorth, la contrée était couverte de bois; et Tunique route qu'il y eût était un défilé étroit entre deux montagnes, dont les pentes étaient garnies de ses archers. Henri ordonna à son infanterie, qui montait à soixante mille hommes, d'ouvrir un passage : en peu de jours les arbres furent abattus, et une route spacieuse et sûre conduisit le roi sous les murs de Shrewsbury. A son arrivée , le désespoir décida Belesme à s'avancera pied : il offrit les clef* de la place au vainqueur, et se rendit lui-même à discrétion. Sa vie fut épargnée ; mais il fut obligé de quitter le royaume, et de promettre sous serment de n'y jamais revenir sans la permission du roi 2.
[Il 03.] Jusqu'alors le duc avait religieusement observe les conditions de la paix. H avait môme, au premier avis de la révolte de Belesme, ravagé les terres normandes de ce seigneur. Sentant tou-