Zosim. il, 78, 7». Philostrog l, p
entre lui, Maximien et les deux césars. Devenu seul empereur, Constantin adopta la même division pour quatre préfets prétoriens. En même temps il créa de nouveaux titres et de nouveaux emplois ; et, dans toute la hiérarchie des places, l'administration militaire fut séparée de la civile avec un soin jaloux. Cette organisation mit la Bretagne sous la juridiction du préfet des Gaules, dont l'autorité s'étendait depuis la muraille d'Antontn jusqu'aux limites méridionales de la Mauritanie Tingitane. Son lieutenant résidait à York, avec le titre de vicaire de la Bretagne ; tandis que le soin subalterne des provinces était confié aux deux consulaires de Valentia et de Maxima, et aux trois présidents de Flavia, Britannia prima et Britannia secunda. L'administration de la justice et des finances resta dans les mains de ces agents ; mais le commandement de l'armée fut divisé entre trois chefs militaires, qui reconnaissaient pour supérieur le maître de la cavalerie ou de l'infanterie stationnée sur les bords du Rhin. Ils avaient des titres distinctifs : le premier était le duc de Bretagne, dont le commandement s'étendait depuis la frontière du nord jusqu'au Huinber ; le second était le comte de la cote saxonne, dont le devoir était de garder le rivage depuis le Humber jusqu'à l'extrémité du comté de Cornwall (Cornouailles); et le troisième, le comte de Bretagne, qui avait sous ses ordres toutes les autres garnisons de l'île 1 .
Sous Constantin et ses fils , la Bretagne jouit de plus de cinquante années de tranquillité. Les agressions des barbares étaient réprimées, et l'industrie et le commerce encouragés. La première atteinte portée à la prospérité publique le fut par la cruauté et la cupidité de Paulus, notaire espagnol. Il avait été envoyé dans lile par l'empereur Constance, avec la mission de faire une enquête sur la conduite des officiers qui, lors de la défection générale des armées de l'Occident, avaient pris parti pour l'usurpateur Magnence. Paulus était éminemment versé dans toutes les ruses de la rapacité et de la chicane : à ses yeux, la richesse était une présomption suffisante de culpabilité, et aucun homme dont les biens pouvaient remplir les coffres du notaire et de l'empereur, son maître, ne fut acquitté à son tribunal. Martin, le vicaire de la Bretagne, avait déploré ces procédures iniques, et parfois s'était interposé pour les empêcher ; mais on l'informa qu'il se tramait un complot pour l'envelopper dans la proscription commune, et, poussé par le désespoir, il attenta à la vie du notaire. Le coup fut paré, et Martin à l'instant se plongea son épée dans le cœur. Ses complices réels ou supposés furent punis par la torture et la 'confiscation, par l'exil ou la mort ;
1. Zosim. il, 109, 110. Tillcm, iv, 117. Not. imp. f. 1Ô&, ICI, 162, 176. 177.