‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 37 sur 643 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et Paulus continua sa carrière» sans souci de la haine et des imprécations des indigènes. Constance avait applaudi à sa fidélité; Julien, l'empereur suivant, le ût brûler vif1.

Pendant que Julien occupait , avec le titre de césar, la préfecture de la Gaule, il arriva un événement qui prouve les grandes ressources de la Bretagne à cette époque. Les Francs, les Saxons et les Allemands avaient passé sur la rive gauche du Rhin, dévasté une grande étendue de pays, réduit en cendres quarante villes et emmené les habitants en captivité. Par des victoires successives, le césar contraignit les barbares à rendre leurs prisonniers. Son premier soin fut ensuite de pourvoir à la subsistance de la multitude dans une contrée qui était ravagée depuis des années. Les greniers de la Bretagne offrirent d'immédiates et abondantes ressources. Une flotte de huit cents petits bâtiments fut rassemblée aux bords du Rhin ; plusieurs voyages furent faits aux côtes bretonnes ; les cargaisons remontèrent le fleuve sur des allèges, et les habitants affamés reçurent une ample provision de grains , tant pour ensemencer leurs terres que pour se nourrir jusqu'à la moisson suivante*. Et l'Ile ne fournissait pas seulement à des besoins momentanés, elle exportait annuellement de grandes quantités de grains sur le continent 5.

Il est à remarquer qu'à partir de cette époque les Calédoniens et les Maœtes, tribus qui pendant deux siècles avaient été la terreur des Bretons civilisés, disparaissent sans aucune cause ostensible des pages de l'histoire, et qu'ils sont remplacés par les Pietés et les Écossais, qui, s'ils diffèrent d'eux par le nom, sont dépeints comme des barbares d'une nature aussi sauvage, et également portés à l'invasion et à la rapine4. L'origine de ces deux nations, qui semblent naître tout à coup dans le cours du ive siècle, a engendré bien des théories pleines de savoir, mais surtout pleines d'imagination. \° Quant à moi, il me semble évident que les Pietés étaient, sous une dénomination nouvelle , exactement le même peuple que nous avons jusqu'ici appelé Maa?tes et Calédoniens 5. Le nom de

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