Malm. 100. Hunt. 229. Hov. 275. Orderic
vant la conquête , et que tous les procès relatifs à la propriété réelle, à moins que les parties ne fussent des tenanciers en chef de la couronne, fussent décidés dans les cours de la centaine1. II. La sévérité avec laquelle il punissait les plus flagrantes violations des lois était une source de terreur et de stupéfaction pour ses sujets , qui le croyaient le •< lion de justice » décrit dans les prétendues prophéties de Merlin 2. Lorsqu'il moula sur le trône, le vol et la rapine régnaient dans toutes les provinces du royaume ; avant sa mort, ils devinrent si rares que « quiconque, » dit la Chronique saxonne dans le langage du temps, « portait sa charge d'or et d'argent, personne n'aurait osé lui dire rien que de bien 3. » Dans une occasion où le justicier Ralph Basset présidait une cour à Huncot, dans le Leicestershire, il n'y eut pas moins de quarantequatre voleurs condamnés et exécutés*. Ce fut en l'année 4024 , et alors ni crédit ni présents ne pouvaient sauver le malfaiteur de la mort ou de la mutilation; mais, plus tard, soit que la nécessité de la rigueur eût diminué avec la fréquence du crime , soit que l'amour de l'argent commençât à l'emporter sur l'amour de la justice , les compensations pécuniaires , qui avaient été abolies au commencement du règne de Henri, furent acceptées de nouveau à la place des peines corporelles 6.
III. Sous la dynastie saxonne , le privilège de battre monnaie avait été affermé , dans les principaux bourgs , à différents individus qui, avec les coins, recevaient leurs instructions du" trésor royal. Le Conquérant et son fils Guillaumc-le-Roux avaient maintenu la même coutume; et ces personnes, en altérant la qualité ou en diminuant le poids des sous d'argent, amassèrent des fortunes considérables, et en môme temps se préservaient du châtiment en faisant de nombreux et riches présents au monarque. Henri, dans la charte qu'il octroya à son avènement, s'était engagé à réformer cet abus. D'après la loi saxonne, le coupable était condamné à subir l'amputation de la main droite , qui , en mémoire du crime, était clouée à la porte de sa maison. A la perte de la main, ou à celle des yeux qu'il y substituait parfois, le roi ajouta la peine de la castration. Les habitants des bourgs, principaux négociants de l'époque, juraient de veiller sur la pureté de la monnaie et de poursuivre les délinquants, et la même peine était portée