‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 365 sur 643 · Malm · texte numérisé non relu

Malm

CHAPîTftK DIXIÈME. 379

contre ceux qui essayaient de passer des sous de valeur inférieure que contre ceux qui les fabriquaient1. Cependant, le mal continua de croître , et, dans la vingtième année de son règne, il était devenu si universel, qu'au marché 0:1 acceptait à peine un sou sur douze. L'indignation du roi tomba sur les monnaveurs [1 125]. Par une ordonnance générale , ils furent tous cités à comparaître devant la cour de l'échiquier à Winchester. Ils furent examinés successivement par l'évoque de Salisbury, trésorier, qui, à mesure qu'il en jugeait un coupable , le faisait conduire dans une pièce voisine, où on lui infligeait sur-le-champ la peine prescrite par la loi. De plus de cinquante qui obéirent à la citation, il n'en échappa que quatre2. On espéra que cette sévérité intimiderait à l'avenir les fabricateurs de monnaie, et il est à présumer que, pour remédier au mal du moment, on émit une nouvelle monnaie et qu'on retira l'ancienne de la circulation 5.

IV. Un autre abus , qui avait toujours été en croissant sous les deux derniers règnes , était venu du droit royal de pourvoyance (purveyance). Toutes les fois que le roi changeait de résidence, il était accompagné d'un certain nombre de prélats , de barons et d'officiers qui, chacun, menaient avec eux une longue suite. Tous s'attendaient à vivre aux dépens du pays par lequel ils passaient. Il en résultait que les voyages de la cour ressemblaient à la marche d'une armée ennemie, et on aurait peine à croire à la dévastation que causaient , dit-on , les gens do la suite du roi , si elle n'était attestée par des écrivains contemporains et dignes de foi. Ils avaient coutume d'entrer sans cérémonie dans les maisons des fermiers et des laboureurs, d'y vivre à discrétion , et, dans l'insolence de leur supériorité , de vendre , briller ou détruire ce qu'ils ne pouvaient consommer. Les malheureux habitants voyaient emporter leur blé et leur bétail , insulter leurs femmes et leurs filles à leur face; et, s'ils osaient faire des représentations , leur audace était punie souvent par l'incendie de leurs maisons, quelquefois par la mutilation et même par la' mort. Aussi rapproche du roi dans un canton était pour les habitants un signal de cacher

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