‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 368 sur 643 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

mais le roi, pour ne pas être trompé dans son attente, ordonna de lever une amende déterminée sur chaque ecclésiastique paroissial, sans distinction de culpabilité ou d'innocence. Nous en ignorons le taux; mais les conséquences qu'elle eut prouvent qu'il dut être excessif. Quelques-uns, indignés de l'injustice de cette mesure, refusèrent de payer; d'autres furent trop pauvres pour le pouvoir. Ces deux classes furent emprisonnées et torturées. Leurs frères qui étaient restés en liberté en appelèrent à la clémence du roi. Au nombre de deux cents, les pieds nus et revêtus du costume de leurs ordres respectifs , ils vinrent à sa rencontre dans une des rues de Londres. Il se détourna d'eux avec des expressions insultantes. Ils implorèrent ensuite l'intercession de la reine; mais Mathilde , les larmes aux yeux , leur assura qu'elle n'osait point intervenir l.

La plus importante controverse dans laquelle Henri fut engagé avec la cour de Rome concernait l'admission des légats du pape. D'un côté, l'on soutenait que le pape, en qualité de pasteur universel, avait le droit de s'enquérir, par des ministres de confiance, de l'état de l'Église dans les pays éloignés, et que les abus qui résultaient de la multiplicité des élections simoniaques réclamaient impérieusement l'exercice de ce droit. De l'autre, on alléguait que, par suite des concessions des anciens papes, l'archevêque de Canterbury était revêtu de l'autorité de légat du pape dans le royaume, et qu'il était sans exemple que cette autorite eut été exercée par un ecclésiastique étranger, à moins que ce ne fut à la requête expresse du souverain f. Cette réponse n'était exacte qu'en partie. Dans les premiers temps de l'Église anglo-saxonne, nous trouvons l'archevêque de Canterbury investi du titre d'envoyé du siège apostolique * ; mais l'histoire de ces mêmes temps fournit plusieurs exemples de légats qui furent envoyés de Rome pour réformer le clergé anglais, et qui, en vertu de la commission papale, assemblèrent des conciles et promulguèrent des lois de discipline ecclésiastique *. La question se débattit pendant une grande partie du règne do Henri. Les menaces ou les promesses engagèrent quelques légats à s'en retourner sans essayer de débarquer. D'autres furent reçus

1. Eadmer , 83 , 84. Quelques années plus tard , il adopta un plan différent. Les évêques , dans un concile tenu à Londres , lui demandèrent d'exiger le célibat du clergé au nom de l'autorité royale. Il accepta l'office et abusa de leur confiance. Afin d'avoir de l'argent, il vendit publiquement , à quiconque voulait l'acheter , l'autorisation de transgresser les canons. » Hov. 274. Hunt. 220 Chron. sax. 234.

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