Malm
gitimos qui parvinrent à Page do puberté1. Robert de Caen, comte de Gloucester, fut celui des fils que son père distingua le plus. Il réclamera l'attention du lecteur dans le règne suivant.
Les princi|>aux ministres du roi furent Roger, évèque de Salisbury, et Robert, comte de Meulan. Roger était resté constamment attaché à Henri, dans toutes les vicissitudes de fortune que ce prince avait éprouvées avant son avènement. Il était naturel qu'il parvint à un poste éminent quand son patron devint un riche et puissant monarque. Le chapitre de Sahsbury le choisit pour évèque de ce siège ; le roi le nomma grand-justicier du royaume. Sur le motif que ces deux offices étaient incompatibles, il refusa le dernier jusqu'à ce que ses scrupules fussent levés par l'autorité réunie du pontife et du métropolitain. Il consacrait la première partie de la journée à ses devoirs épiscopaux ; le reste était donné aux affaires de l'État; et, ce qui n'est point un faible argument en faveur de son mérite , quoique ministre d'un monarque rapaco pendant bien des années, il n'encourut jamais la haine du peuple. Toutes les fois que Henri quittait le royaume , l'évèque de Sarum était nommé régent; et, en cette qualité, il s'acquitta des devoirs du gouvernement pendant des années entières à la satisfaction de son souverain ».
Tandis que l'administration intérieure était confiée à ce prélat, le département de la politique étrangère exerçait l'habileté du , comte de Meulan. Il accompagna le roi dans toutes ses expéditions en Normandie, et acquit la réputation du premier homme d'État de l'Europe. Les princes et les pontifes briguèrent son amitié. Henri lui-même, quoiqu'il ne s'en doutât point, passait pour être gouverné par lui; et le ministre , par sa violence et sa rapacité, augmentait chaque jour ses possessions en Angleterre, en Normandie et en France. Son autorité ne se bornait point aux affaires du gouvernement : il avait usurpé l'empire du goût, et tous les courtisans à la mode imitaient la mise et les manières du comte de Meulan. Sa dernière maladie fut causée ou aggravée par un tourment d'esprit. Il avait résolu d'accroître sa fortune par un mariage avec une riche héritière, mais un rival plus adroit frustra son attente. A son lit de mort, il envoya chercher l'archevêque de Canterbury ; et lorsque ce prélat l'exhorta à se préparer à une vie future en réparant les injustices qu'il avait commises dans celle-ci, il répondit vivement : « Je laisserai à mes enfants tout ce que j'ai
1. Voyez leurs noms dans Speed (181), Duchesne (1072) et Sandford (Geneal. Hisl. 30-33).