Malm. 91. Rad. Die
les moines de la rigide observance de leur règle. C'était leur coutume d'offrir l'hospitalilé à tous ceux qui passaient près de leur couvent, et l'opinion était qu'ils dépensaient annuellement à recevoir les étrangers une somme beaucoup plus forte que celle qu'ils consacraient à leur propre entretien1.
Avant de terminer l'histoire de ce prince et de passer au règne turbulent d'Étienne (Stephen) , il conviendra de signaler les progrès rapides de la nation dans la carrière des lettres sous le Conquérant et ses fils. Lanfranc et Anselme, les deux archevêques de Canterbury , s'étaient montrés dignes de leur poste éminent. La supériorité de savoir du premier était généralement admise; la portée de son successeur était d'un ordre encore plus élevé. Tous deux, dans leur jeunesse , avaient exercé la profession de l'enseignement; et leurs leçons et leur exemple avaient éveillé la curiosité du clergé et allumé une ardeur de s'instruire dont notre époque offre à peine l'équivalent. Et cet enthousiasme ne périt pas avec ses auteurs; il fut entretenu par les honneurs qu'on prodiguait à tous ceux qui pouvaient se vanter de talents littéraires. Les sciences qui formaient le cours ordinaire d'éducation étaient divisées en deux classes qui conservaient les dénominations d'un âge plus barbare : le trivium, comprenant la grammaire, laJogique et la rhétorique; et le quadrivium, ou la musique, l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie. C'était dans les ouvrages des écrivains latins qui avaient survécu au naufrage de l'empire que les étudiants cherchaient à acquérir la plupart de leurs connaissances : mais dans la science de la médecine et dans les plus abstruses recherches des mathématiques , les anciens étaient jugés inférieurs aux professeurs musulmans, et bien des Anglais, sous le règne de Henri, allèrent jusqu'aux bords de l'Èbre, en Espagne, pour écouter les instructions ou traduire les ouvrages des philosophes arabes*.
11 faut dire à la louange des papes que, même au moyen âge, ils furent généralement attentifs aux intérêts de la science. Les premières écoles avaient été établies dans les monastères et les cathédrales par le zèle de leurs prélats respectifs. Leur durée et leur amélioration étaient ducs aux règlements de différents pontifes. Mais en ce moment les anciens séminaires commençaient à être négligés pour d'autres ouverts par des hommes qui visaient aux richesses et aux distinctions en déployant leurs talents en public, et qui établissaient leurs écoles partout où il y avait espoir d'at-
1. Malm. 92. Pet. Bles. 126. Jonn. Hagul. 258. Chron. de Dunstap. G77.
2. Voyez Pet. Clun. Ep. in Bibliolhecn Clunacensi, 1109, 1118; et Alhrthcardî Quastiones naturelles perdifficiles . Ms. Galba. E. 4.