‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 384 sur 643 · Orderic · texte numérisé non relu

Orderic

qui tira l'épéc pour la cause de Mathilde. Il avait juré d'appuyer ses prétentions à succéder ; et , au commencement de l'année , il passa la frontière, réduisit Carlisle, Norham, Alnwick et Newcastle, et força les habitants à prêter serment de fidélité à la fille de Henri. Il avait atteint les murs de Durham, lorsqu'Étienne se présenta à la tète d'une armée nombreuse [fév. 1436]. Les risques d'un engagement le firent réfléchir ; s'il était l'oncle de l'impératrice , il l'était également de la femme de son antagoniste : la paix fut promptement conclue ; et, pour cimenter l'amitié des deux rois, Henri , prince d'Êcosse , rendit hommage à Étienne, et reçut de lui les villes de Carlisle , de Doncaster et de Huntingdon *.

Tandis que le roi était retenu dans le nord, tous les cantons (cantreds) des Galles s'étaient levés en armes. Il était probablement indifférent à leurs chefs que le sceptre fût porté par Mathilde ou par Étienne; mais ils saisirent avidement l'occasion de punir leurs anciens ennemis ; et, après s'être rassasiés de butin et de carnage, ils se retirèrent dans leurs montagnes, où on les laissa en paix, l'attention du roi étant occupée par de plus formidables ennemis *.

Pendant plusieurs années, la Normandie présenta un spectacle des plus lamentables, déchirée par des divisions intestines, et alternativement ravagée par des partis opposés. Les Angevins qui soutenaient les intérêts de Mathilde, et les mercenaires qui , sous Guillaume d'Ypres, combattaient pour Étienne, étaient également odieux aux indigènes. Toutes les fois que Geoffroi passa la frontière, l'aversion des Normands opposa un obstacle insurmontable à ses ' progrès : toutes les fois que Guillaume entreprit une expédition , ses efforts furent secrètement paralysés , ou entravés ouvertement par l'hostilité de son propre parti. Etienne avait, à la vérité, cet avantage sur son rival, qu'il avait reçu l'investiture du duché , des mains de Louis, à qui , conformément au précédent établi sous le dernier règne , son fils Eustachc avait rendu hommage au lieu du roi lui-même. Mais son autorité réelle se bornait au peu de villes où ses troupes étaient en garnison. Les grands barons, retirés dans leurs châteaux, gardaient un air d'indépendance ; et, se faisant de temps en temps la guerre les uns aux autres, et soutenant, selon que l'intérêt, le caprice ou le ressentiment les y poussait, tantôt la

1. Joan. Hagul. 258. Rie. Hagnl. 312. David réclamait le Cumberland comme ayant jadis appartenu aux héritiers présomptifs des rois d'Ecosse , et le Northumbcrland et le Huntingdon comme ayant été possédés par Waltheof, dont il avait épousé la fille. Etienne refusa le Northumberland pour le moment, mais donna Doncaster en remplacement.

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