CHAPITRE PREMIER
rent avec les Attacotcs, clan situé dans le voisinage de Loch-Lomond, pour piller les riches provinces des Bretons romains. Mais bientôt les Écossais aspirèrent à quelque chose déplus durable que le pillage. Du nord de l'Irlande le passage était court et fait pour engager. Des hordes d'aventuriers se succédèrent l'une à l'autre ; la permission de former des établissements fut obtenue de l'amitié des Pietés, ou arrachée à leur faiblesse ; et à la fin les étrangers acquirent une supériorité assez marquée sur les tribus indigènes pour donner le nom d'Écosse à la division septentrionale de la Bretagne *. Il se passa long-temps néanmoins avant que les deux nations se confondissent en une seule. Nous voyons les Pietés distincts des Écossais jusqu'au xne siècle *.
[A. D. 360.] Sous le règne de Constance, les Pietés et les Écossais entrèrent en grand nombre dans la province romaine. Le césar Julien ne pouvait s'absenter de la Gaule, et Lucipinus, qu'il envoya à sa place, n'osa pas aller au-devant des envahisseurs. Cet aveu de faiblesse les excita à renouveler leurs incursions , et chaque fois ils pénétrèrent plus avant dans le pays. Ils avaient des ' espions dans l'armée romaine , ils tentaient la fidélité des garnisons, et entraînèrent plusieurs auxiliaires étrangers à se joindre à eux pour piller. A la fin l'empereur Valentinien s'alarma pour la sûreté de File. Le général romain Fallofaudes avait été tué par trahison; Nectarides, comte de la côte saxonne, avait péri dans la bataille; l'incendie et la dévastation s'étendaient sur la rive droite de la Tamise. D'abord l'intendant de la maison impériale, puis Jovinius et enfin Théodose furent appelés au commandement. Ce célèbre officier débarqua à Richborough avec l'élite de l'armée gauloise, et, ayant divisé ses troupes en plusieurs corps, attaqua et défit les partis de barbares qui maraudaient. [A. D. 367.] H entra en triomphe dans Londres, et passa quelques semaines à faire des préparatifs pour de nouvelles victoires. Un décret d'amnistie engagea les déserteurs à rejoindre leurs drapeaux ; l'ancienne discipline de l'armée fut rétablie ; on se pourvut de munitions et de renforts, et, à la reprise des hostilités, les envahisseurs, dans plu- .
yEthicus {Cosmog. 607(, Ravennas geographus [Gale, i, 748), etBède (u H»c autem proprie patria Scotorum est. » Hist. I, 1). Il n'est pas impossible que les Scoti fussent la plus nombreuse tribu de l'intérieur de l'île , et une branche de la grande famille celtique des Cottiens. Le langage des Waldcnses, habitants des vallées situées dans les Alpes cottiennes, présente jusqu'à ce jour une grande affinité avec les langues maternelles de l'Irlande et de l'Ecosse. Voyez VOratio Domin. de Chamberlayne, et la Dissert, de Pinkerton, p. 84.
1. Loarn, Fergus et Angus, fils d'Ere, chef de Dalraida dans l'Ulster, s'établit dans l'isthme de Cantire en 503. C'est d'eux que les rois d'Ecosse prétendent descendre. Voyez le docteur O'Connor, Proleg, 1, 126 ; n, 83.