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3 Comme les sièges forment le trait principal des opérations militaires de cette époque, il n'est peut-être pus hors de propos de donner la description d'un de ces anciens châteaux. La résidence du seigneur ( keep) était environnée , à une distancé convenable, d'un mur d'environ douze pieds de haut, surmonté d'un parapet et flanqué de tours. En dehors du mur était creusé un fossé profond , sur lequel était jeté un pont-levis , protégé par une tour, appelée le barbican , sur le bord extérieur du fossé. Ceci formait la défense de la place au dehors. Le keep était un fort bâti^ ment carré, avec des murs épais d'environ dix pieds et cinq étages de haut. Le plus bas consistait en cachots pour détenir les captifs; le seco%d contenait les provisions du seigneur ; le suivant servait à loger la garnison ; dans le quatrième étaient les salles de parade du b.iron ; et le dernier était divisé en chambres à coucher pour sa famille. L'unique portail ou entrée était au second ou au troisième étage , et généralement menait, par une petite tour, dans le corps du logis. On y montait par un escalier établi dans la muraille, et soigneusement fortifié pour en défendre l'entrée à un ennemi. Vers le milieu se présentait une porte très-solide qu'il était nécessaire de forcer; sur le palier était un pont-Lvis ; puis venait la porte ellemême, protégée par une herse qui glissait dans une rainure et était garnie dé pointes de fer. Il n'est pas surprenant que des forteresses de cette espèce aient résisté souvent aux efforts des plus puissants monarques avant l'invention du canon. Voyez Ducange, in voce King, Arçhteol. vol. iv ; Grose, préf. 6-8.
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seigneur qui avait offert ses services et au roi et à l'impératrice , et dont tous deux s'étaient également méfiés. Confiant sa femme et sa famille à la fidélité de la garnison, Ranulf s'échappa à travers l'armée des assiégeants, et courut implorer l'assistance du comte de Gloucester. Robert se hata de marcher avec deux mille hommes pour surprendre le roi [44 44]; mais lorsqu'il eut traversé la Trent , il trouva l'armée royale rangée en bataille pour le recevoir [2 fév.]. Éticnne , avec les plus fidèles de ses adhérents, était descendu de cheval et s'était placé au pied de son étendard ; et ses flancs étaient protégés par un petit escadron de cavalerie , commandé par des seigneurs de fidélité suspecte. Au premier choc, la cavalerie s'enfuit ; le gros de l'infanterie , animé par la présence du roi , soutint avec fermeté les efforts de la multitude qui l'entourait. Etienne combattit avec l'énergie du désespoir : sa hache d'armes se brisa; son épée fut mise en pièces ; une pierre le renversa ; et Guillaume de Kains , le saisissant par son casque , le réclama comme prisonnier. Cependant il lutta encore contre ses adversaires, et refusa de se rendre à tout autre qu'à son cousin de Gloucester. Le comte prit possession du captif et le présenta à Mathilde. La conduite de cette princesse fait peu d'honneur à son humanité. Étienne fut chargé de chaînes et enfermé au château de Bristol : il est vrai que , pour justifier une telle rigueur , on prétendit qu'il se l'était attirée par ses tentatives réitérées d'évasion ».
Ce coup inattendu avait détruit les espérances des royalistes. Ceux qui chancelaient ou qui étaient suspects s'empressèrent de fléchir le genou devant l'impératrice, et les captifs livrèrent volontiers leurs châteaux pour prix de leur liberté. Seule, la reine Mathilde , femme d'Ètienne , fit un semblant de résistance dans le comté de Kent, non dans le vain espoir de reconquérir la couronne, mais afin de gagner du temps pour négocier la délivrance de son mari. Les vainqueurs méprisèrent ses faibles efforts ; mais ils virent avec inquiétude la réserve pleine de dignité de l'évéquc de Winchester , qui , par sa naissance , ses richesses et son autorité de légat, pouvait devenir un adversaire des plus redoutables. Le pre-
1. Malm. tOô. Hunt. 224. Gesla Steph. 952. Orderic, 922. C'est avec regret que je prends ici congé d'Orderic , que son âge et ses infirmités décidèrent à poser la plume bientôt après la bataille de Lincoln. Il était Anglais, et natif du Shropshire. A six ans, il fut envoyé à l'école du prêtre Siward à Shrewsbury. A onze, il fut confié aux soins de l'abbé de Saint-Evroul , en Normandie , qui changea son nom anglais en celui de Vitalis. Il passa dans ce monastère cinquante-six années heureuses, à ce qu'il nous apprend, respecté de ses frères, et occupé de travaux littéraires. Ces courts renseignements sont extraits de l'édifiant discours à la Divinité, par lequel il termine son histoire : discours que personne ne saurait lire sans apprendre à vénérer le caractère de ce moine pieux et laborieux. Voyez son histoire, p. 924.