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ses ennemis *, et il redevenait nécessaire de pourvoir à la tranquillité du royaume en nommant quelqu'un pour exercer l'autorité souveraine. C'est pourquoi, au nom du clergé, dont c'était principalement le droit d'élire et d'instituer les rois, et, en conséquent du vœu de la majorité exprimé dans leurs délibérations précédentes , il déclarait qu'ils avaient choisi Mathilde , fille de Henri , pour être dame souveraine (lady) d'Angleterre et de Normandie. Quelques-uns écoutèrent ce discours en silence; le reste l'approuva J>ar des acclamations réitérées *.
On ajourna la séance au lendemain matin pour la convenance des députés de la ville de Londres , qui étaient arrivés trop tard pour assister aux délibérations précédentes. Quand on leur annonça le résultat , ils répondirent qu'ils n'avaient aucun pouvoir pour consentir à l'élection d'un nouveau souverain, et que leurs instructions se bornaient à solliciter la délivrance d'Étienne. Après eux, la parole fut prise par Christian , chapelain de la femme de ce monarque, qui, en dépit du légat, lut à l'assemblée une lettre par laquelle sa maîtresse invitait les membres du clergé à unir leurs efforts en faveur d'un prince à qui ils avaient juré fidélité , et qui était retenu en captivité par de perfides vassaux. A son tour, Henri reproduisit avec une grande modération les arguments qu'il avait employés la veille; et les députés de Londres, après s'être consultés à part, déclarèrent qu'ils approuvaient ses raisons, et promirent * de les recommander à la considération de leurs concitoyens 8. Par cette déclaration du clergé , Mathilde se flattait de S'ôtrè assurée de l'objet de son ambition ; ses espérances furent détruites par sa conduite impolitique. Naturellement hautaine et vindicative, elle s'abandonna, dans l'insolence du succès, à ces passions qu'elle avait soigneusement réprimées tant que la perspective dé
1. De là doctrine d'une Providence qui veille sur nous, la piété de nos ancêtres
avait tiré l'induction hasardée, mais fort commode, que le succès est une indication de la volonté divine ; et que , par conséquent, résister à un compétiteur victorieux, c'est résister au jugement du ciel. Ainsi, quand l'ambition d'Etienne a saisi le sceptre qui avait été garanti à Mathilde, on nous a dit que « c'était la Providence qui la plaçait dans ses mains (Rie. Hagul. 3131 et maintenant qu'il est devenu prisonnier de cette même princesse, «• c'est la même Providence qui l'en déclare indigne » (Malm. 105). Bien des cas de cette nature se présenteront au lecteur qui est familier avec les écrivains du moyen âge. Il convenait de faire mention de cette doctrine , qui sert à expliquer la facilité avec laquelle on s'accommodait à toutes les révolutions, que la cause en fût bonne ou mauvaise.
2. Voyez ce discours dans Mamlsbury, qui était présent, et qui prétend répéteî les paroles mêmes du légat. Malm. 105.
3. Malm. 109. Nous savons par cet écrivain que les citoyens de Londres formaient un corps d'une importance considérable dans l'Etat. Ils étaient considérés comme barons. « Qui sunt quasi optimates pro magnitudme civitatis » (ibid.t. Ils admettaient aussi des barons dans leur corps : « in communionem Lundoniarum recepti» (ibid.)