‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 395 sur 643 · Id. 108. Gervase · texte numérisé non relu

Id. 108. Gervase

complet; mais i) consentit à confier aux soins du comte son fils aîné Henri, légitime héritier de Mathilde *. Les tergiversations de Gcoffroj firent perdre plusieurs mois ; et pendant ce temps Étienne avait marché sur Oxford, résidence de rimpératrico [36 sept.]. La garnison étant sortie contre lui, il traversa la rivière à la nage, mit ses ennemis en fuite , entra dans la ville avec les fuyards et y mit le feu. Mathilde se retira dans le château, il l'assiégea; et il se croyait si sûr de prendre sa rivale qu'aucun motif, pas même l'arrivée de Robert avec Henri , ni la perte de plusieurs forteresses, nj la rigueur de l'hiver , ne put lui faire abandonner le siège. La solidité des fortifications déjoua tous ses efforts; mais, au bout de dix semaines , les provisions de la garnison furent épuisées , et Mathilde fut réduite une troisième fois à courir le risque d'une fuite clandestine et précipitée. Il gelait fort, et la terre était couverte de neige [20 déc.]. Accompagnée de trois chevaliers vêtus de blanc, elle sortit de très-bonne heure par une des portes. La sentinelle la plus proche, qui avait été gagnée à l'avance, la conduisit en silence entre les postes de l'ennemi; elle passa la Tamise sur la glace, atteignit Abingdon à pied, et de là gagna rapidement Wallingford â cheval. Cette aventure , la plus extraordinaire de toutes , fut un sujet d'étonnement pour ses ennemis. Ses amis y virent la preuve convaincante qu'elle était sous la garde spéciale de la Divinité *.

Si Étienne réduisit Oxford, Robert le défit â Wilton, et les forces des deux partis continuèrent de se balancer. A l'exception des trois comtés du nord, qui obéissaient au roi d'Écossc, Étienne était nominalement reconnu comme souverain dans l'est du royaume, et Mathilde dans l'ouest. Mais l'autorité réelle de tous deux se renfermait dans de plus étroites limites : celle du roi dans les comtés voisins de Londres, celle de Mathilde dans les comtés voisins de Gloucester. Pans cet état de faiblesse, aucun d'eux n'était en état de faire beaucoup de mal à l'autre; et les hostilités étaient entretenues par de petites escarmouches et des sièges sans importance, dont la description ne pourrait amuser ni instruire le lecteur. Les intérêts de Mathilde souffrirent plus des maladies que de la guerre. La mort la priva des services de Milon, le plus dévoué de ses partisans, et des conseils de son frère Robert, le principal soutien de sa cause [1 1 46]. La perte de ses amis jeta du noir dans son âme, une expérience de huit années lui avait appris combien l'issue de la lutte était incertaine; et elle se retira en Normandie,

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