‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 396 sur 643 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

pour voir venir les événements et profiter de la première occasion favorable *. Étienne pourtant ne retira aucun avantage de son départ [1117]. Il avait eu soin de s attirer l'inimitié des barons par dos actes de violence semblables à ceux qui lui avaient jadis aliéné l'esprit du clergé. Sous le masque de l'amitié, il avait invité à sa cour d'abord GeofTroi de Mainville, et ensuite Ranulf, comte de Chester; les avait arrêtés sur 11* simple soupçon de désaffection, et les avait forcés de lui livrer leurs châteaux pour prix de leur liberté. Après cet attentat, ils bravèrent son autorité et cherchèrent à se venger; beaucoup de nobles se liguèrent avec eux dan6 l'intérêt de leur propre défense, et la plupart comptèrent plus, pour leur sûreté, sur la force de leurs châteaux que sur la foi d'un prince soupçonneux et violent*. En même temps il eut l'imprudence de pousser l'Église dans les bras de ses ennemis. Son frère Henri avait exercé d'une manière fort équivoque , et parfois arbitraire, (es pouvoirs dont il avait été investi par le pape. Il avait môme formé le projet de rendre son siège de Winchester indépendant de celui de Canterbury, et de le décorer, q l'aide du roi et du pontife , des honneurs métropolitains. Mais Innocent, son patron, mourut ; deux papes se succédèrent dans le court espace de deux années, et l'un d'eux, à la sollicitation de l'archevêque Théobald , priva Henri de l'autorité de légat. Mortifié de sa disgrâce , révèque persuada à son frère de défendre à Théobald d'assister au concile de Reims, que présidait Eugène III. Le primat méprisa la défense, et, à son retour, fut envoyé en exil. Il débarqua en France, repassa la mer a Framlingham , et là, sous la protection deBigod, comte de Norfolk, lança une sentence d'interdit contre tous les domaines du roi. Elle fut à l'instant mise à exécution, et les amis d'Étienne , alarmés de la cessation du service divin , le forcèrent de chercher à se réconcilier avec l'archevêque5. Peu de temps après, il assembla tous les prélats et les requit de couronner son fils Eustache [M 51]. Théobald refusa. Il avait, dit-il, consulté le pape, qui lui avait défendu d'obéir, parce qu'Étienne, ayant acquis la couronne, non par voie d'héritage, mais de vive force et en violation de son serment, ne pouvait avoir aucun droit de la transmettre a sa postérité. Dans un accès de fureur, le roi ordonna à Ses gardes d'enfermer les prélats dans la salle , et envoya des

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