HENRI II
PRINCES CQNTEMPORAINS.
Bmp. <V Allemagne. Rois d'Êcoste. Rois de France. Rois d'Espagne. Frédéric Ier. MalcolmlV. . 1165. Louis VII. . . 1180. Alphonse VIII. 1157
Guillaume. Philippe-Auguste. SanchelII. . . . 1158
Alphonse IX.
TAPES
Anastase IV, 1154. Adrien IV/ll59. Alexandre III, 1181. Lucius III, 1185. Urbain III, 1187. Grégoire VIII, 1187. Clément III.
Avènement du nouveau roi. — Son caractère. — L'archevêque Théobald.— -Élévation de Thomas Becket. — Origine des cours spirituelles. — Constitutions de 'Clarcndon. — Guerre dans le pays de Galles. — Dispute entre le roi et le primat. — Leur réconciliation. — Meurtre du primat. — Conquête de l'Irlande. — Rébellion des fils du roi. - Captivité du roi d'Ecosse. — Cours de justice. — Le roi prend la croix. — Sa mort.
Il serait difficile d'imaginer une perspective plus brillante que celle qui s'offrait à la jeunesse de Henri Plantagenet. Par la mort de son père, il héritait de la Touraine et de l'Anjou ; du chef de sa mère, il possédait le Maine et la Normandie, et, avec la main d'Éléonore, il avait reçu en dot sept provinces, le Poitou, la Saintonge, l'Auvergne, le Périgord, le Limousin, l'Angoumois et ta Guienne1. Un tiers de la France, presque toute la côte occidentale, depuis les frontières de la Picardie jusqu'aux montagnes de la Navarre, reconnaissait son autorité; et le vassal, qui faisait hommage de ses États au souverain, était en réalité un prince plus puissant que le roi qui le recevait. Dans sa vingt-et-unième année , la mort d'Étienne ajouta le royaume d'Angleterre à ce vaste territoire; et les yeux de l'Europe se dirigèrent sur les premières mesures du jeune monarque, dont l'ambition , si elle égalait sa puissance , pouvait mettre en danger l'indépendance de tous ses voisins.
Qu'il fut impatient de prendre possession de la couronne qui lui avait été garantie par le dernier traité, on le concevra aisément; mais il fallait du temps pour rassembler une escorte convenable à la dignité du nouveau roi et suffisante pour le protéger, et une longue suite de temps orageux le retinrent prisonnier dans le port do Harfleur. Après un pénible retard de plus de six semaines, il dé-
1. La partie de l'Aquitaine qui appartenait aux comtes de Poitou était appelée Guienne.
barqua en Angleterre. L'inimitié des adhérents d'Étienne se taisait devant leurs craintes, et la vigilante autorité de l'archevêque Théobald avait maintenu la tranquillité publique. |49 décembre 1154] A Winchester, Henri reçut l'hommage de la noblesse; à Westminster il fut couronné avec sa femme en présence d'un immense concours de peuple *, et des barons étrangers qui l'avaient accompagné en France. Quelques jours forent consacrés aux fêtes et à la pompe d'usage en pareille occasion. Mais en mémo temps le nouveau roi n'oublia pas le soin plus important des affaires de l'État. Dans un conseil , il nomma les grands officiers de la couronne ; dans un autre il confirma à ses sujets tous les droits et libertés dont ils avaient été en possession sous le règne de son grand-père, et, dans un troisième, il décida les barons et les prélats à jurer fidélité à son fils aîné Guillaume, et, en cas de mort ée Guillaume, à son second fils Henri, enfant encore au berceau*.
Réparer les maux que la licence des discordes civiles avait faits à la nation sous le règne d'Étienne, fut pendant plusieurs années le principal objet de l'administration de Henri. Dans cette vue, le comte de Leicestcr fut nommé grand-justicier avec les pouvoirs les plus étendus; une nouvelle monnaie, irréprochable pour le poids comme pour la pureté, fut mise en circulation, et les mercenaires étrangers, qui avaient si long-temps infesté l'Angleterre, reçurent l'ordre de quitter le royaume à jour fixe sutis peine de mort. L'exécution de ces mesures n'éprouva aucune difficulté; mais la démolition des châteaux qui étaient depuis si long-temps le fléau et la terreur des habitants sans défense, et le recouvrement des terres que les besoins d'Étienne et de Mathildc les avaient forcés d'aliéner en faveur de leurs partisans respectifs, exigèrent les efforts personnels du roi et la présence d'une puissante armée. Il chassa du royaume le comte de Nottingham, meurtrier du comte de Chester. Il arracha aux craintes du comte d'Albemarle, qui régnait depuis long-temps en souverain dans l'Yorkshirc, l'abandon de l'important château de Scarborough. Il enleva à Roger, fils du célèbre Milon, le château de Gloucester, mais il lui permit de garder le reste de sa vie celui de Hereford; il réduisit de vive force Bridgenorth, Cleobury et Wigmore, qui appartenaient à Hugues Mortimer; il rasa tous les châteaux de Henri, évèque de Winchester, qui, se méfiant de l'ennemi de sa famille, s était retiré à Clugny avec ses trésors ; et enfin il contraignit Malcolm, roi d'Écosse, à échanger les trois comtés du nord qui avaient été si long-temps au pouvoir de