‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 404 sur 643 · CHAPITRE DOrzlI-MK · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOrzlI-MK

certaine, c'est que Henri passa la mer, lit hommage au roi de France, réduisit de vive force les trois châteaux de Chinon, de Loudun et de Mirabeau, qui appartenaient à son frère, et, en dédommagement, constitua à ce prince une rente annuelle de mille livres anglaises et de deux mille livres angevines. Geolfroi se consola de ses pertes en acceptant le comté de Nantes, qui lui avait été spontanément olîert par les citoyens. Mais il mourut peu de temps après; et lorsque Conan, comte de Richemond, qui avait pris le titre de duc de Bretagne, occupa Nantes, Henri réclama et recouvra celte ville comme héritier de feu son frère [M 58] *.

Avant de poursuivre cette narration , je mettrai sous les yeux du lecteur une esquisse du caractère du roi tel qu'il a été tracé par des écrivains qui vivaient à sa cour et qui observèrent sa conduite au milieu des vicissitudes d'un règne long et rempli d'événements. 11 existait une ressemblance marquée entre le Conquérant et tous ses descendants mâles. La taille de Henri était médiocre, son air majestueux et son teint fleuri ; mais sa personne était défigurée par une disgracieuse protubérance de l'abdomen, qu'il cherchait à réduire à l aide de l'exercice et de la sobriété. Peu de personnes l'ont égalé en tempérance, aucune peut-être en activité. Il était sans cesse en mouvement, à pied ou à cheval. Tous les moments qu'il pouvait dérober à des occupations plus importantes, il les consacrait à la chasse; mais aucune fatigue ne pouvait le forcer à l'inaction. Après la chasse, il prenait un repas à la hâte; puis, se levant de table, en dépit des murmures de ses courtisans, il les faisait marcher ou les tenait debout jusqu'à l'heure du coucher'. Dans le cours de son éducation au château de Gloucester il avait acquis des connaissances en littérature, et, après son avènement, il se plaisait dans la conversation des hommes instruits. Telle était la puissance de sa mémoire qu'il retenait, dit-on, tout ce qu'il avait lu ou entendu, et qu'il reconnaissait au premier coup d'fpil toutes les personnes qu'il avait déjà vues3. 11 était éloquent, attable, facétieux, joignant à la dignité d'un prince les manières d'un gentilhomme; mais, sous cet extérieur séduisant, il cachait un cœur capable de descendre aux plus bas artifices et de se jouer de son honueur et de sa véracité. Personne ne croyait à ses assertions et n'avait confiance en ses promesses. Il justifiait cette habitude de duplicité par la maxime « qu'il vaut mieux se

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