‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 412 sur 643 · lUcscn. Ep · texte numérisé non relu

lUcscn. Ep

3. Steplian. 17 l'Un S. Thom. c. 6. ««Plaçait ci ut prorroverer in nrchiepiscopum , Deus scit , me id non volonté Et inagis pro suo quam pro Dci amorc act|uievi. » [S. Thom. in QuadriL c 34.)

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nom de son père, donna l'assentiment royal [30 mai]. Becket fut ordonné prêtre par l'évèque de llochesler, et, le jour suivant, ayant été déclaré libre de toute obligation séculière, il fut consacré par Henri de Winchester. Ce fut une pompeuse cérémonie, car toute la noblesse d'Angleterre y fut présente , faisant , pour plaire au roi, honneur au favori. Que les intentions connues de Henri aient dii influencer les électeurs, on n'en peut guère douter; mais il parait que dans toute cette affaire les formalités nécessaires furent pleinement observées. Le seul Gilbert Foliot , évéque de Hereford , prélat de mœurs rigides et d'un profond savoir en matière canonique , fit la remarque railleuse que le roi avait enfin opéré un miracle; car il avait changé un soldat en prêtre, et un laïque en archevêque. Ce sarcasme fut considéré alors comme une saillie d'ambition trompée «.

Que Becket eût beaucoup de progrès à faire dans les vertus d'abnégation du caractère ecclésiastique , sa propre confession le prouve; que sa conduite ait toujours défié le reproche d'immoralité, ses amis l'affirmaient avec confiance, et ses ennemis, par leur silence , l'ont également reconnu. L'ostentation fastueuse et les vues mondaines du chancelier furent à l'instant abjurées par l'archevêque qui, dans la ferveur de sa conversion , se prescrivit, en punition du luxe et de la vanité de sa vie précédente, des mortifications journalières et secrètes. Sa conduite se distingua par la plus stricte attention aux convenances de sa position. A ce cortège de chevaliers et de gentilshommes qui avaient coutume de l'entourer, succéda un petit nombre de compagnons choisis par les membres les plus vertueux et les plus instruits du clergé. Sa table fut frugale, ses charités furent abondantes; il divisa son temps, et consacra des heures fixes à la prière, à l'étude et aux fonctions épis— copalcs. 11 reconnut la difficulté de réunir ces fonctions et celles de chancelier ; et comme, lors de sa consécration, il avait été déclaré libre de tout engagement séculier, il résigna cette charge entre les mains du roi 2. Ce changement total de conduite a été vu avec admiration ou blâme , selon la bonne foi ou les préjugés des spec-

1. Stephan. 24. Gcrv. 1382, 1383. Rad. a Dicet. 633. Foliot, dans une lettre qu'il éenvit au fort de la discussion entre Henri et l'archevêque, se plaint de cotte élection. Il dit que « Mathilde la désapprouvait, que le clergé en soupirait , et que la nation se récriait contre" {Ep. S. Thom. j, 12C). Lu réponse du primat est satisfaisante. Il défie ses ennemis de signaler aucune irrégularité dans les forn.es. Si Mathilde désapprouvait sa promotion , c'était dans un profond secret ; si quelque* membre du clergé soupirait . c'étaient ceux qui désiraient l'archevêché pour euxmêmes ; et la nation, loin de se récrier contre, l'approuva universelles ent. Ep. \ , 108, 127.

2. Steph. 21, 25. Dlcscu. cp. 27. Grim. in Vila, 3ÔC. Gcrv. 1384.

tuteurs. Ses contemporains l'ont attribué universellement à un sentiment consciencieux de devoir; les écrivains modernes l'ont dépeint fréquemment comme une pure affectation de piété , sous laquelle il cherchait à cacher les projets d'une ambition démesurée. Mais comment cette hypocrisie , si elle exista , parvint-elle , pendant une lutte longue et violente , à tromper les yeux perçants de ses adversaires? Une voie plus sure se serait certainement offerte à son ambition. En continuant de flatter les désirs du roi et en réunissant en sa personne les fonctions de chancelier et d'archevêque, il aurait, selon toute probabilité, dominé sans contrôle dans l'Église et dans l'État ».

Pendant plus d'un an , le primat parut jouir de son ascendant accoutumé sur l'esprit du roi. Mais, en son absence, la chaleur de l'affection de Henri s'évapora insensiblement. Les sycophantes de la cour, qui observèrent ce changement, eurent soin de présenter sous un faux jour les actions de l'archevêque, et déclamèrent, en termes exagérés , contre la hauteur de ses vues, la supériorité de ses talents et la décision de son caractère*. De telles insinuations firent une impression profonde sur l'esprit soupçonneux et irritable du roi, qui commença à poursuivre son ancien favori d'une haine aussi vive que l'amitié dont il l'avait jadis honoré. Au milieu d'une foule d'allégations contradictoires , il est difficile de déterminer la cause première de leur dissension , et si ce fut la résignation faite par l'archevêque de l'office de chancelier, ou la reprise des terres aliénées de son siège, ou la tentative de réformer les ecclésiastiques qui suivaient la cour, ou son opposition au rétablissement de la taxe odieuse connue sous le nom de danegelt 5. Mais ce qui amena une collision immédiate, ce fut leur contestation au sujet de la juridiction des cours ecclésiastiques. Un examen rapide de l'origine et des progrès de ces cours , et de leur autorité dan9 les causes civiles et criminelles , pourra ne pas être sans intérêt pour le lecteur.

1. Depuis le commencement du christianisme , ceux qui le professaient avaient été exhortés à soustraire leurs différends à la. connaissance des tribunaux profanes, et à les soumettre à l'autorité paternelle de leurs évèques *, qui , par la nature de leur office ,

1. « Si vellemiis sue per omnia placere voluntati, in sua potestate vel regno non

esset quis, qui nobis non obediret pro libito » \S. Tkom. apud Gerv. 1396).

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