‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 415 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

lits contre les droits de l'Église et les commandements de la religion; mais comme il était de son devoir de siéger avec le shériff dans la cour du comté , sa juridiction ecclésiastique se confondit avec sa juridiction séculière ; et bien des causes qui dans d'autres pays auraient été réservées au juge spirituel , furent décidées en Angleterre devant un tribunal mixte1. Cet état de choses resta en vigueur jusqu'à la conquête des Normands. Alors , comme le lecteur a dû le remarquer, le nouveau souverain sépara complètement les deux juridictions; et, dans chaque diocèse, des « cours chrétiennes, » c'est-à-dire composées de l'évêque et de ses archidiacres, furent établies sur le modèle et avec l'autorité des cours semblables qui existaient dans toutes les autres parties de l'église d'Occident*.

Les tribunaux créés par celte disposition étaient tenus, aux termes de la charte primitive, de se guider dans leurs procédures sur les « lois épiscopales, » système de jurisprudence ecclésiastique composé des canons des conciles , des décrets des papes et des maximes des plus anciens pères. Ce Code, comme tous les autres , avait, dans le cours des siècles , reçu de nombreuses additions. Continuellement de nouveaux cas se présentaient , de nouvelles décisions étaient rendues et de nouvelles compilations étaient faites et publiées. Les deux compilations qui, au temps de la conquête, étaient en vigueur dans les cours spirituelles de France, et qui furent sanctionnées par la charte de Guillaume en Angleterre, étaient la collection portant le nom d'Isidore et celle de Burchard, évêque de Worms 5. Vers la fin du siècle , il parut un nouveau

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