Quadril. 25. Hoved. 282. Grim. apud Sur
quèle, l'indignation du roi fut extrême ; il menaça Becket de l'exil ou de la mort ; la porte de la salle voisine s'ouvrit brusquement, etlaissa voir un corps de chevaliers, les vêtements retroussés et l'épée nue. Les nobles et les prélats supplièrent l'archevêque de céder ; et deux des templiers le conjurèrent à genoux d'empêcher, par son consentement, le massacre de tous les évêques, qui très-certainement allait avoir lieu. Sacrifiant son propre jugement à leurs instances plutôt qu'à leurs arguments, il promit, sur la parole de vérité, d'observer les « coutumes , » et pria le roi de lui faire savoir en quoi elles consistaient. Le lecteur éprouvera sans doute quelque surprise d'apprendre qu'elles n'étaient point encore connues; mais on nomma un comité d'enquête, et le lendemain Richard de Lucy et Joseelin de Baliol exhibèrent les seize Constitutions de Clarendon. On en lit trois copies, qui furent chacune signées par le roi, les prélats et trente-sept barons. Henri demanda alors aux évêques d'y apposer leurs sceaux. Après ce qui s'était passé, c'était une bagatelle qui ne valait la peine ni d'être demandée ni d'être refusée. Le primat répondit qu'il avait accompli ce qu'il avait promis, et qu'il ne ferait rien de plus. Sa conduite, dans cette circonstance critique , a été sévèrement condamnée comme coupable de duplicité. Quant à moi , il me paraît plus digne de pitié que de blâme. Sa tergiversation n'était point celle d'un homme qui cherche à atteindre son but par la fraude et la déception : c'était plutôt l'hésitation d'un esprit flottant entre les décisions de son propre jugement et les opinions et appréhensions des autres. Sa conviction semble être restée immuable : s'il céda, ce fut pour éviter le reproche d'avoir par obstination attiré la mort sur la tête de ses frères les évêques t.
D'après la véhémence avec laquelle la reconnaissance des « coutumes » fut exigée, et l'importance qu'y ont attachée les écrivains modernes, le lecteur s'attendra naturellement à quelques détails sur les Constitutions de Clarendon. Je citerai donc les principales.
I. Elles portaient : que la garde de tout archevêché, évèché, abbaye et prieuré de fondation royalo vacants, serait donnée et leurs revenus payés au roi ; et que l'élection du successeur serait faite en conséquence de Tordre du roi, par le haut clergé de l'Église , assemblé dans la chapelle du roi , avec l'assentiment du roi , et avec l avis des prélats que le roi pourrait appeler à son assistance. La coutume relatée dans la première partie de cette constitution ne pouvait prétendre à une plus haute antiquité que le règne de
1. Steph. 33-35. Quadril. 26, 27. Gerv. 1388. Lord Lyttelton a rapporté tout différemment cette affaire jiv, 2-1 , 25), mais il a été induit en erreur par la fausse lettre attribuée à Foliot.