‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 42 sur 643 · Claudien, De Bello gel. v · texte numérisé non relu

Claudien, De Bello gel. v

ses officiers; et le père fut décapité à Arles, par ordre de Constance, qui commandait les troupes d'Honorius*. [A. D. 4H.J

Tandis que Constantin courait ainsi à sa perte, la Bretagne avait été le théâtre d'une importante révolution. Les habitants, laissés sans forces militaires, et exposés aux incursions de leurs ennemis, résolurent de rejeter une autorité qui était incapable de leur donner protection. Ils déposèrent les magistrats romains, proclamèrent leur propre indépendance, prirent les armes , et, avec une ardeur d'hommes libres, expulsèrent les barbares de leur territoire*. Quand la nouvelle en parvint à Ravenne, Honorius, le légitime empereur, écrivit aux États de Bretagne de « pourvoir à leur propre défense. » On a pensé que, par cette expression ambiguë , il les avait relevés de leur serment de fidélité : peut-être son seul objet était-il d'autoriser leurs efforts actuels, afin de se réserver par là des droits à leur future obéissance 5.

Il serait intéressant de retracer la conduite des indigènes dans cette occasion mémorable , et d'exposer avec soin les causes qui firent passer la plus grande partie de cette île de la douce domination des Romains sous le glaive exterminateur des Saxons. Mais la Bretagne , après sa séparation de l'empire , cessa d'attirer l'attention des historiens étrangers ; et nos écrivains nationaux vivaient à une époque si éloignée, et ont entremêlé tant de fables dans leur récit, qu'ils n'ont que peu de droits à notre confiance. Zozime nous apprend que, lors de l'extinction de l'autorité impériale dans l'île, les États bretons instituèrent des gouvernements domestiques suivant les circonstances. Ces États étaient indubitablement les différentes cités qui ont été précédemment énumérées, et auxquelles Honorius avait adressé ses lettres. Comme les colonies, municipes et villes latines, avaient toujours formé autant de communautés séparées sous la surintendance des présidents provinciaux, elles voulurent probablement garder les formes de gouvernement auxquelles elles étaient depuis si long-temps habituées. Il est néanmoins aisé de concevoir que , durant l'anarchie que durent produire le renvoi subit des magistrats romains et les troubles occasionnés par les incursions multipliées des Piçtes et des Écossais, plus d'un heureux capitaine abusa de son pouvoir et de la confiance de ses concitoyens pour usurper l'autorité souveraine. Au bout de peu d'années toute trace de gouvernement populaire avait disparu , et toutes les provinces qui avaient appartenu à l'empire

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