‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 447 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Dundolf, où, grâce à l'avantage du terrain, ils repoussèrent toutes les attaques. La renommée exagéra la perte des indigènes et ia porta à cinq cents hommes; mais l'honneur de la \ictoire fut -souillé par la cruauté des envahisseurs, qui, de gaieté de cœur, précipitèrent soixante-dix de leurs prisonniers du promontoire dans la mer 1 .

Quand Strongbow expédiait ce dernier renfort, il avait obtenu une permission équivoque de Henri ; il le suivit de près avec douze cents archers et chevaliers, quoiqu'il en eût récemment reçu la défense absolue. Au troisième assaut, Waterford fut prise [25 août], Dermot s'empressa de marcher contre Dublin. Cette ville fut emportée de vive force, et le vainqueur témoigna à ses auxiliaires par des donations nombreuses sa reconnaissance de leurs services. Mais tandis qu'il méditait de nouvelles conquêtes , il fut arrêté par la mort ; et Strongbow, qui avait précédemment épousé sa fille Ève et avait été nommé son successeur, s'empara immédiatement de l'autorité royale. On fit alors les plus grands efforts pour expulser les étrangers de Dublin. Les anciens habitants qui s'étaient échappés sous Postman Asculf , tentèrent , à l'aide de soixante navires norwégiens, de reprendre la ville [4171]. A peine étaient-ils repoussés, que Roderic, roi de Connaught, y mit le siège. Au bout de neuf semaines , il fut surpris par une sortie de la garnison , et sa nombreuse armée fut complètement dispersée [1er sept.]. Enfin, O'Ruarc, avec les habitants de Meath, entreprit de venger la cause de son pays. Il y perdit son fils et les plus braves de ses compagnons s.

La première fois que les aventuriers gallois étaient venus au secours de Dermot, Henri avait vu cette entreprise avec mépris; leurs succès éveillèrent sa jalousie. Dès qu'il sut la prise de Waterford , il défendit , par une proclamation , à aucun de ses sujets de passer en Irlande , et ordonna à tous ceux qui s'étaient déjà joints à l'invasion de revenir, sous peine de confiscation. Strongbow s'alarma , et envoya Raymond déposer ses conquêtes aux pieds de son souverain. Le messager ne put obtenir de réponse. Henri de Montmaurice le suivit et ne réussit pas mieux. Le comte, convaincu du danger qu'il courait, adopta alors l'avis de ses amis , et, se rendant en Angleterre, se présenta devant Henri à Newham, dans le Gloucestershirc. D'abord il essuya le refus honteux d'une audience; et pour recouvrer la faveur du roi, il renouvela son hommage et son serment de fidélité, remit à Henri la ville de Du-

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