‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 448 sur 643 · Id · texte numérisé non relu

Id

blin , les cantreds ou centaines environnantes , et les châteaux et ports en son pouvoir, et consentit à tenir le reste de ses terres d'Irlande comme tenancier en chef de la couronne d'Angleterre. Ceci satisfit le roi ; les conquêtes des aventuriers lui étaient abandonnées; et il permit à Strongbow de l'accompagner à Milford-Haven, où il s'embarqua, avec cinq cents chevaliers , leurs écuyers et un corps nombreux d'archers, à bord d'une flotte de quatre cents vaisseaux de transport. 11 aborda à Waterford , reçut en courant l'hommage des princes voisins, et dirigea sa marche vers Dublin t où un palais temporaire en bois avait été érigé pour sa réception [17 oct.]. C'était plutôt son désir d'attirer la soumission que de la forcer; et les chefs que l'espérance, la crainte ou l'exemple conduisaient journellement à sa cour, furent amenés à jurer obéissance à son autorité , furent invités à sa table, et apprirent à admirer la magnificence et l'affabilité de leur nouveau souverain [12 nov.]. Mais tandis que tant d'autres affluaient à Dublin, l'orgueil d'O'Connor se refusait à venir au-devant du joug; et la rigueur de la saison , jointe à l'inondation du pays , le mettait à l'abri du ressentiment. Il consentit pourtant à voir les messagers du roi sur les bords du Shannon , et à faire en leur présence une soumission nominale. Les princes d'Ulster seuls conservèrent obstinément leur indépendance : ils ne voulurent ni rendre visite au roi, ni reconnaître son autorité *.

Lorsque, l'année précédente, Dermot avait déchaîné sesauxiliaires étrangers contre ses compatriotes, les évéques irlandais, surpris de leurs succès sans exemple, s'étaient assemblés à Armagh, et, regardant ces étrangers comme les ministres de la colère divine, avaient arrêté que tout esclave importé d'Angleterre serait mis surle-champ en liberté*. Après l'arrivée de Henri, ils tinrent un autre synode à Cashel , sous la présidence du légat du pape, Pévêque de Lismore ; signèrent une reconnaissance formelle de la souveraineté du roi, et rédigèrent plusieurs canons pour la réforme de leur église [6 nov.]. Par ces canons, la polygamie et les mariages incestueux étaient prohibés; il était ordonné que le baptême serait administré par le prêtre dans l'église, et non par des laïques dans des maisons particulières; le clergé était soustrait aux exactions des chefs ; le pavement des dîmes et le chant du service divin étaient réglés; on prescrivait la forme dans laquelle les mourants devaient disposer de leurs propriétés , et l'on pourvoyait à la sépulture décente des morts *. L'archevêque d'Armagh, prélat

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